Dans d’autres contrées, pas si lointaines que ça, Alain FERRAND aurait été promu incontestablement l’Homme de l’année 2015. Seulement voilà, nous sommes en Roussillon, en Pays Catalan, où selon les secteurs d’activités il n’est pas toujours bon de réussir, en tout cas d’afficher un quelconque succès, sauf si vous êtes issu d’un certain sérail : la tribu des Copains d’Abord… Dans cette ethnie d’individus digne d’un casting pour un « Dîner de con-s », peu importe vos compétences, seule compte votre capacité de nuisance, de destruction, pour être en permanence « pour tout ce qui est contre » et « contre ce qui est pour ». Au-delà de ce cercle, la meute des Copains d’Abord vous vomira. Car la paix ne semble pas être le ferment dominant de la vie publique dans les P-O. Cela est bien dommage. Sans vouloir détériorer l’ambiance « sollicitante » : ici fleurit le rien. Comme le disait un ancien préfet à propos d’un élu : « il ne connait pas l’ivresse d’être à jeun »

Et de cette smala-là, Alain FERRAND en fait évidemment les frais depuis des années. Lui qui, avec son épouse Joëlle née IGLESIAS, a réussi à transformer la très populaire station balnéaire du Barcarès née avec la Mission Racine et voulue par Charles de Gaulle pour stopper les congés payés fuyant sous le soleil d’Espagne en général, de la Costa Brava en particulier, en commune à part entière où en 2015 il fait bon vivre à l’année.

Lorsque le couple FERRAND est arrivé à la mairie, le prix du mètre carré en immobilier construit, sur le front-de-mer du Barcarès, était trois à cinq fois inférieur à celui constaté chez les notaires effectuant des transactions foncières bâties à Canet-plage, Saint-Cyprien… Le territoire communal était dépourvu de centre, avec des commerces éparpillés de La Coudalère au village mais sans véritable maîtrise du sol, tant au plan de l’habitat que de l’économie de proximité. D’un bout à l’autre, la station balnéaire donnait l’impression d’un sentiment d’inachevé quelque part, et la population semblait perdue, éclatée en tout cas, entre Leucate, Saint-Laurent-de-la-Salanque, Claira et Torreilles.

Aujourd’hui, Le Barcarès – Qu’Alain FERRAND souhaiterait rebaptiser « Port-Barcarès » dans les petits papiers de la grande Administration préfectorale – est redevenue une destination estivale très prisée et veut maintenant s’imposer, toujours par la grâce des FERRAND, comme une commune vivante à l’année et pas uniquement pendant les trois mois d’été. Certes, Le Barcarès ne revivra pas les fastes des années 70, lorsque la riche héritière et femme d’affaire japonaise, Kuniko TSUTSUMI, devenant propriétaire (1973) du paquebot ensablé Le Lydia (ex Moonta lorsqu’il naviguait sous pavillon australien puis grec avant d’être désarmé en 1967) avait fait du site un casino de luxe avec personnalités et tout le bataclan, avec un restaurant gastronomique et une discothèque fréquentée par des VIP accourues des quatre coins de l’hémisphère. Alain FERRAND a choisi une autre voie pour assurer une qualité de vie à ses concitoyens, et force est de constater qu’il y est parvenu.

Il a (re)donné aux habitants du Barcarès la fierté d’être Barcarésien. Et peu importe si, en période électorale, la population s’agite ici plus qu’ailleurs car il faut dire que l’enjeu est de taille. La commune, avec ses 90 000 estivants en juillet et août, fait partie des mastodontes balnéaires avec Argelès-sur-Mer, Canet-en-Rousillon et Saint Cyprien. Sa DGF annuelle (Dotation Globale de Fonctionnement) lui confère une position stratégique sur l’échiquier départemental. Classée 25ème « seulement » (avec environ 4 100 habitants à l’année) par sa démographie, elle est dans le Top 10 des villes influentes du Roussillon, devant les sous-préfectures Céret et Prades, mais également devant Rivesaltes (8ème) et Saint-Laurent (7ème), ses rivales du coin. Alors, la Gauche – rejointe désormais par le Front National – réclame sa part du gâteau. Un gâteau que la phratrie des FERRAND n’est pas prête à lâcher ! D’ailleurs, à chaque scrutin municipal, le nom FERRAND casse la baraque au point de remporter l’adhésion de la majorité des citoyens barcarésiens dès le 1er tour.  Des scores qui font des envieux chez nombre d’élus des P-O.

Plutôt que de souligner cet ancrage électoral, et analyser les raisons de telles victoires dans les foyers barcarésiens, la tribu des Copains d’Abord continue de s’essouffler et de s’égosiller à railler un empire familial régnant dans les couloirs et aux commandes de l’Hôtel-de-Ville…  Ceux-là même qui colportent la critique, vous savez les fameux donneurs de leçons, ont parfois accompagné, non loin du Barcarès, à Perpignan, une autre famille, les ALDUY, qui a été aux affaires de la Ville de 1959 à 1993, sans oublier la commune d’Amélie-les-Bains/ Palalda : même famille (l’épouse de Paul ALDUY, Jacqueline, et mère de Jean-Paul) et même période. Etc.-etc. L’ont-ils oublié ? Mais après tout, c’est le peuple qui tranche, en ayant le choix de le faire.

Si jusqu’à présent, le nom des FERRAND était plutôt ancré, localement, à la rubrique des faits-divers, il semblerait bien que 2015 constitue un véritable tournant majeur dans cette saga.

Le succès phénoménal du festival Electrobeach (plus de 100 000 entrées payantes sur  3 jours… 140 000 entrées au total !), qui attire un public hétéroclite et international, bien au-delà des limites du triangle de proximité tracé par les agglomérations de Barcelone, Montpellier & Toulouse, puisque le gros des troupes extérieures afflue dorénavant de la région parisienne et des pays du BéNéLux !  L’Electrobeach, et c’est la presse spécialisée qui le communique, serait devenu l’un des plus importants « dancefloor » à ciel ouvert d’Europe, avec ses dijés stars, avec ses compositions électroniques originales, avec son décor unique dans les Jardins du Lydia face à la Méditerranée, avec ses nightclubbers en plein air… Les organisateurs sont désormais confrontés à canaliser et à perpétuer ce succès : une continuation risquée, mais qui n’inquiète pas outre mesure Joëlle FERRAND-IGLESIAS, l’épouse d’Alain, qui est à l’initiative de ce festival alors qu’elle était la maire du Barcarès : « Je sais, avait-elle déclaré, que l’innovation ne fait pas peur aux Barcarésiens. C’est avec eux – et pas contre eux – que nous avons pu réaliser et maîtriser de tels événements (…). C’est aussi vrai que dès les premières éditions de l’Electrobeach, les disc-jockeys nous ont soutenus en répondant présent à nos rendez-vous. Nous entretenons avec eux de bonnes relations et l’équipe organisatrice entend bien cultiver cette complicité amicale. Aujourd’hui, je constate que le festival n’a rien perdu de son éclat, il s’est fidélisé dans l’esprit d’une grande partie de la jeunesse catalane qui l’attend chaque année avec davantage de ferveur. ».

Un chroniqueur musical lui emboîte le propos : « Harry Potter et Madonna ont eu du succès parce que le public, à un moment donné, était attiré par les caractéristiques de ces produits ; l’Electrobeach s’inscrit dans cette vague, toutes proportions de comparaison relativisées bien sûr ».

D’un avis unanime, le cru 2016 – programmé pour les 14, 15 & 16 juillet – s’annonce évidemment ex-cep-tion-nel !

Et puis, l’année 2015, qui avait déjà bien commencé pour Alain FERRAND, se termine en beauté pour lui, son équipe municipale et sa commune : chaque jour, son désormais traditionnel et légendaire Village de Noël, avec ses chalets, ses attractions, ses parades, ses artisans, ses commerçants, ses comptoirs de convivialité, attirent des centaines de personnes (et jusqu’à 15 000 pendant les week ends). On en parle un peu-beaucoup partout : au Barcarès bien sûr, à Perpignan… et là aussi, encore une fois, bien au-delà des frontières départementales, en Camargue, en Provence, tout le long du canal du Midi, sur l’Aubrac… ainsi que naturellement sur les sommets pyrénéens où certains, jaloux, par manque d’imagination plutôt, en l’absence de neige pour animer leurs stations de ski, commencent à pointer du doigt la formidable réussite économico-touristique d’une station balnéaire qui a su trouver sa place au soleil, en été comme en hiver !

Le phénomène (Alain) FERRAND n’est pas prêt de s’éteindre. Et ce d’autant que cet Aveyronnais, né le 22 octobre 1959 en plein pays minier d’Aubin (près de Decazeville), ne manque ni d’idées, ni de stratagèmes, ni de relève (familiale) pour monter en puissance. Dans un contexte où l’austérité est de rigueur, la ligne de conduite, il a choisi d’investir dans l’attractivité et la flexibilité, il a privilégié l’enthousiasme et le rêve. Certes, cela n’a pas découragé ses détracteurs, mais il s’en est fait une philosophie ambiante. Pas question pour lui de rétropédaler, ou de mettre sa commune « entre parenthèses ». Il est plutôt du genre : « Lève-toi et marche ! ». Alain FERRAND entend bien utiliser son fort potentiel et développer la puissance du festival Electrobeach et du Village de Noël en bord de mer, pour inonder les réseaux sociaux et le site d’hébergement de vidéos YouTube. Objectif : devenir L’Adresse visionnaire à fréquenter tout le long des quatre saisons, à vingt kilomètres du Centre du Monde…

Reste à savoir si le reste du département est prêt à le suivre sur ce prestigieux parcours en entreprise(s), dans les institutions ou la recherche économique ? Ou si Alain FERRAND restera, chez lui, un éternel incompris, infréquentable et solitaire, un cas à part et donc forcément unique sur le sol roussillonnais ? L’avenir nous le dira.

S.B.