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Port de Sète : un nouveau terminal ferroviaire pour créer “un lien entre la Méditerranée, la Manche et la mer du Nord”
Hérault-Tribune.- Le port de Sète a inauguré le mardi 25 novembre un nouveau terminal de chargement horizontal des semi-remorques, en présence de Jean Castex, nouveau PDG de la SNCF. Un investissement majeur de 19,4 millions d’euros pour développer l’autoroute ferroviaire Sète-Calais et réduire le trafic routier.
(article par Thea Ollivier, rédaction de l’hebdomadaire Hérault-Tribune)
Sur le port de Sète, les semi-remorques — ces conteneurs sur roues — sont tirées par des tracteurs à peine descendues d’un navire en provenance de Turquie. En quelques minutes, elles sont chargées sur des wagons grâce au nouveau terminal ferroviaire en chargement horizontal, inauguré mardi 25 novembre. Cette plateforme vise à accélérer le développement de l’autoroute ferroviaire entre Sète et Calais.
“Le fret ferroviaire est un sujet d’intérêt national”, se félicite Jean Castex, ancien Premier ministre, qui faisait à Sète sa première sortie en tant que PDG de la SNCF. “Le bilan carbone du transport de marchandises par le train est excellent, le bilan énergétique aussi. Pourtant, par rapport aux volumes de camions qui transitent sur l’A9, le fret ferroviaire, c’est 3 % de la part de marché”, constate celui qui est à la tête du transporteur public depuis trois semaines. “Il faut absolument réagir.”
Selon lui, “les conditions de concurrence ne sont pas égales” entre rail et route. Le fret ferroviaire supporte des charges fixes “beaucoup plus lourdes” et “a besoin d’être aidé par les pouvoirs publics”, glisse-t-il en direction de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie.
De trois à six trains hebdomadaires
Pour soutenir cette transition, le port de Sète, l’État, la Région Occitanie et VIIA — filiale de la SNCF spécialisée dans le fret ferroviaire — ont investi 19,4 millions d’euros dans cette nouvelle plateforme dédiée au transport des semi-remorques par train. “Concrètement, nous avons installé 18 nouvelles stations Modalohr, permettant le chargement et déchargement simultanés de 18 semi-remorques”, explique Bénédicte Colin, présidente de VIIA.
Initié en 2018, ce projet dont les travaux avaient commencé en janvier 2025, permettra, dès janvier 2026, de doubler les fréquences : de trois à six allers-retours hebdomadaires. De quoi connecter le port de Sète à Lyon, au Royaume-Uni via le port de Calais, à l’Europe du Nord et de l’Est via le terminal de Bettembourg au Luxembourg. “Cette montée en puissance répond à la demande croissante des clients, particulièrement en provenance de Turquie, mais également des clients locaux à qui nous allons offrir une solution intégrée rail-route”, souligne Mme Colin. Parmi les partenaires incontournables : l’armateur danois DFDS, qui assure six escales hebdomadaires entre deux ports turcs et celui de Sète.
Pour Philippe Malagola, président du port de Sète, cette nouvelle plateforme est alors “une révolution technologique et logistique silencieuse, mais déterminante, qui simplifie le passage au ferroviaire, qui rend la transition écologique du transport beaucoup plus accessible pour les entreprises”. Une façon de “relier la mer et le rail de manière fluide” et de créer “un lien entre la Méditerranée, la Manche et la mer du Nord”.
Le ferroviaire, atout majeur de la décarbonation
Ce terminal ferroviaire entre dans la stratégie de la Région Occitanie de construire un port et des transports décarbonés. “Nous savons très bien que le ferroviaire est l’atout majeur que nous avons”, constate Carole Delga, la présidente.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 40 000 camions de moins sur les routes par an, le transport ferroviaire de marchandises multiplié par deux entre Sète et Calais, passer d’un train tous les deux jours à un train toutes les deux heures en sept ans. “Une tonne transportée par fret, c’est neuf fois moins de CO2”, rappelle Jean Castex.
“Des phases de concertation sont en cours” concernant la LGV
Pour le PDF de la SNCF, faire monter en puissance le fret ferroviaire ne peut pas s’envisager sans miser sur la LGV entre Montpellier et Perpignan, pourtant très décriée par une partie des communes et des habitants du bassin de Thau.
“Des phases de concertation sont en cours”, assure Jean Castex. “Signalez-moi un projet de LGV qui ne fait pas l’objet d’interrogations et de contestations… C’est du classique !”
Carole Delga abonde dans son sens. “Il faut concilier les petites lignes et les LGV. À celles et ceux qui veulent opposer petites lignes et LGV, ils se trompent de combat. Parce qu’il faut rappeler qu’en ayant de nouvelles lignes, cela va permettre de dégager des sillons pour les trains du quotidien, mais pour aussi le fret ferroviaire”, lance Carole Delga qui rappelle que la ligne du littoral méditerranéen entre Montpellier et Narbonne est l’une des plus saturées en France.
“On peut tout à fait répondre de façon argumentée aux inquiétudes des riverains de ce nouveau grand projet, en démontrant le sérieux, la prise en compte des inquiétudes et en rétablissant certaines contre-vérités développées ces dernières années”, continue la présidente de Région.
(Source : Hérault-Tribune)
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