
Alors que l’Administration continue de parler de « tensions sur l’alimentation en eau potable » et impose de nouvelles restrictions, la réalité vécue sur le terrain est tout autre. En deux mois, il est tombé l’équivalent de deux années de sécheresse. Les sols sont saturés, l’eau ne s’évacue plus

À la Ferme de Découverte de Saint-André, comme chez de nombreux acteurs de la Salanque, les conséquences sont immédiates : 30 tonnes de gravier livrées en urgence pour maintenir l’activité, entrées bradées pour éviter la fermeture, week-ends entiers passés à tenter de rendre le site praticable et tout ça, sans évoquer la situation de la montagne qui est encore plus grave.
Le problème actuel n’est pas le manque d’eau, mais l’incapacité à la gérer. Infrastructures obsolètes, fossés non entretenus, routes impraticables : dans des secteurs comme Taxo, les passages à gué datent encore de la Première Guerre mondiale. Plus d’un siècle sans adaptation, malgré des millions de mètres cubes d’eau écoulés. Des dénivelés de 20 cm qui ne permettent plus au bus de circuler, alors que nous sommes la structure pédagogique qui accueille le plus de scolaires dans le département
Dans le même temps, vers les lieux d’habitation, de nos élus, certains aménagements routiers ont été surdimensionnés, révélant une gestion des priorités déconnectée des réalités locales.
Face à cette situation, j’ai adressé depuis plus d’une semaine des courriers recommandés à Monsieur Parra, maire d’Argelès-sur-Mer, président de la communauté de communes Albères – Côte Vermeille – Illibéris, ainsi qu’à Monsieur le préfet des P-O. À ce jour, aucune réponse ne m’a été apportée.
Continuer à parler de pénurie d’eau dans ce contexte n’est pas seulement une erreur d’analyse, c’est une négation du terrain. Les politiques publiques ne peuvent plus être pilotées depuis des tableaux Excel. Il est urgent que les élus et les services de l’État viennent constater sur place.
Hubert Levaufre
La Ferme de Découverte – Saint-André


