(Communiqué)

 

 

 

À quelques jours des élections municipales des 15 et 22 mars, la CGT des agents de la Ville de Perpignan (syndicat non représentatif dans cette collectivité) a diffusé par courriel* hier jeudi un message appelant explicitement à voter contre une formation politique, écrivant notamment : « Aux municipales, pas une voix pour le RN »

 

Un tel appel électoral de la part d’une organisation syndicale constitue une dérive préoccupante.

Les syndicats ont naturellement toute légitimité pour défendre les agents territoriaux, leurs conditions de travail et la qualité du service public.

Mais appeler explicitement à orienter le vote des électeurs ne relève pas de cette mission.

En agissant ainsi, la CGT franchit une ligne claire : celle qui sépare l’action syndicale de l’engagement politique partisan.

Cette démarche apparaît d’ailleurs clairement comme une prise de position politique au bénéfice de la gauche locale dans le cadre de la campagne municipale.

Cette situation soulève plusieurs interrogations légitimes :

-D’abord, celle du respect du principe de neutralité du service public, auquel sont attachés les agents territoriaux dans l’exercice de leurs fonctions.

-Ensuite, celle de l’utilisation de moyens liés à la collectivité pour diffuser un message politique en pleine campagne électorale et notamment le fichier des adresses mail professionnels de tous ses agents.

-Enfin, celle du respect du pluralisme parmi les agents municipaux, qui n’ont évidemment pas tous les mêmes convictions politiques et qui n’ont pas à être instrumentalisés dans un combat partisan.

Au-delà de cette polémique, ce type de comportement contribue malheureusement à nourrir le désamour croissant des Français pour le syndicalisme.

La France est déjà l’un des pays d’Europe où le taux de syndicalisation est le plus faible, et celui-ci recule encore année après année.

Lorsque des organisations syndicales donnent le sentiment de se transformer en acteurs politiques partisans, elles fragilisent encore davantage la confiance que les salariés peuvent leur accorder.

Les agents municipaux de Perpignan servent l’ensemble des habitants, quelles que soient leurs opinions. Ils méritent mieux que d’être pris en otage dans une campagne électorale.

À quelques jours du scrutin, chacun doit rester dans son rôle.

Quand un syndicat tel que la CGT se transforme en tract électoral, il ne rend service ni aux agents ni au syndicalisme.

Les syndicats doivent défendre les salariés, pas faire campagne.

Et les agents de la ville de Perpignan n’ont pas besoin qu’on leur dise pour qui voter !”.

 

Frédéric Gourier, fédération départementale du Rassemblement National des Pyrénées-Orientales (RN66)

 

*Capture d’écran prouvant s’il le fallait…

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