Tout va mal sous le soleil du Roussillon ! Santé, agriculture, tourisme, économie, environnement… Dans tous les secteurs d’activité et autres “Made in P-O”, le bateau coule. Mais plutôt que d’être sur le pont, prêts à agir, les loosers à la barre du Département66 préfèrent mettre les voiles, prendre le large, en amusant la galerie médiatique avec un pseudo-référendum sur le changement du nom du département. Comme si là était l’essentiel, l’incontournable miracle, pour faire renaître de ses cendres notre territoire. Avec cette idée fixe, nos gouvernants locaux espèrent bien continuer de nous mener en bateau. Bon vent !

 

Pauvre Département66 ! Au sens propre comme au sens figuré ! Les vieux ne peuvent plus se faire soigner… Les jeunes s’y ennuient à mourir – au point de reprendre le chemin de Lloret del Mar, tous les week-ends, comme l’ont fait avant eux leurs grands parents pour aller s’amuser -, ces mêmes jeunes qui n’arrivent pas à se loger (alors qu’on bétonne de partout) même lorsqu’ils ont un CDI en poche et un compte bancaire dans le vert… Les touristes ont (presque) disparu, les restaurants sont boudés… L’état de nos routes est tel qu’il n’y a aucune chance qu’elles soient retenues pour une étape d’un Paris-Dakar des temps actuels… La bataille de l’Eau est perdue… Le gouffre du RSA, etc.-etc.

Bref, tout va mal ! Tout fout le camp. Et pendant ce temps, nos élus politiques des P-O ont décidé de consulter le peuple, les gens d’ici, sur un éventuel changement de nom : Pyrénées-Catalanes, Pyrénées-Méditerranée, Pyrénées-Roussillon… en lieu et place de Pyrénées-Orientales ? C’est là leur priorité sociale-économique. On croît rêver.

On serait apte à en rire si cette scène de ménage n’avait pas un (sur)coût. Car à l’arrivée, si d’aventure le nom du département devait être changé, ce sont des dizaines, voire des centaines de milliers d’€uros, qui seront engloutis entre signalétique, signalisation, paperasserie. Car c’est tout le paysage électoral, religieux, intellectuel, artisanal, touristique, administratif, littéraire, sans oublier “l’univers du travail” et “l’univers des médias”, qui devra être modifié.

A l’image du pays, dont les dirigeants n’ont pas su gérer la crise, les crises pour être plus précis, nos politiciens locaux s’agitent dans un “Département-spectacle” pour tenter de noyer le poisson. Qui tirera les marrons du feu ? Certainement pas le citoyen qui conservera son trophée de “Dindon de la farce”. Car c’est à ce dernier qu’on va chiffrer et présenter la facture à payer.

Si ce référendum doit être le coup d’accélérateur qui doit nous faire passer enfin à la vitesse supérieure pour quitter le marasme économique et de la sinistrose ambiante, alors nous ne sommes pas sortis de l’Auberge catalane.

Parmi les petits princes qui gouvernent le “66”, bien peu ont la “dimension nationale” pour sortir du lot. Ou plutôt, ici, du chapeau. Les uns sont de vieux chevaux de retour en manque d’écurie, les autres méditent encore et encore, d’autres ne sont là que par héritage… celles et ceux qui restent n’ont pas assez de “couil…” pour renveser la table. Ne comptez surtout pas sur eux pour remettre les pendules à l’heure.

Et dire que les Pyrénées-Orienta(b)les sont un si beau et magnifique département !

 

L.M.