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Paille de riz, terre crue et zéro clim : le pari du nouvel immeuble Weko à Montpellier
Livré en mars 2026 dans la ZAC Hippocrate, l’immeuble de bureaux Weko mise sur des matériaux biosourcés et un système de rafraîchissement naturel pour affronter les fortes chaleurs. Un projet pionnier qui pourrait inspirer les futures constructions tertiaires. (par Thea Ollivier – Rédaction magazine Hérault Tribune)

 

Hérault Tribune.- “On est en plein crash test avec la canicule.” Alors qu’il fait plus de 35°C dehors, l’enjeu est grand pour les architectes Olivier Navelet et François Leclercq qui ont présenté le mardi 7 juillet le nouvel immeuble Weko, sans clim et construit à base de paille de riz et de terre crue, en plein dans la ZAC Hippocrate du quartier Port Marianne à Montpellier.

Cet immeuble ocre de quatre étages, où des plantes grimpantes commencent à envahir les coursives, abrite plus de 4 000 m2 de bureaux modulables. Et il se fait remarquer par plusieurs originalités.

 

 

22 à 24°C dans les bureaux en pleine canicule – sans clim

 

Déjà, aucune pièce n’est équipée de climatisation classique et pourtant il fait entre 22 et 24°C dans les bureaux, malgré la canicule extérieure. Ici, les architectes ont innové en installant un système de rafraîchissement adiabatique, dit la solution du linge mouillé, associé à des brasseurs d’air pour refroidir les pièces. Un système moins énergivore que la clim et qui ne fait aucun rejet dans l’atmosphère.

“À cela s’ajoute les murs construits en paille, qui est un excellent isolant 100% naturel, abondant et local. La terre crue permet de réguler la vapeur d’eau et l’humidité dans les pièces et donc d’avoir un confort intérieur”, explique Olivier Navelet, de chez Zakarian-Navelet Architectes. “C’est un gage d’air sain à l’intérieur des bâtiments.”

 

La terre du sous-sol réutilisée pour construire les murs

 

Une fois la structure de béton construite, des bottes de paille de riz encastrées et compressées dans des caissons en bois ont été enquillées entre les plots. Elles ont ensuite été enduites à l’intérieur par la terre crue extraite au moment de faire les fondations.

Cette terre ocre et argileuse a été collectée sous le futur immeuble, puis elle a été séchée trois mois sous un chapiteau, avant d’être tamisée et concassée. Les trente tonnes de terre ont ensuite été mélangées à cinquante tonnes de sable.

Le mélange terminé, les bottes de riz ont été recouvertes à l’intérieur de cet enduit de couleur ocre naturelle. Un autre enduit de chaux et de chanvre a été appliqué sur les façades extérieures. . “On ne peut pas faire circuit plus court puisque la terre est sortie du trou, elle a séché puis elle est revenue sur le mur à la verticale de là où elle a été prise”, se réjouit Noé Solsona de l’entreprise spécialisée Caly Clay.

 

 

Des bureaux “nouvelle génération”

 

L’autre originalité du bâtiment repose sur comment a été pensé l’espace. “Les bureaux sont servis par des coursives extérieures ombragées qui sont aussi des corners d’espace de travail informels”, explique Olivier Navelet.

“Le monde du bureau est habituellement très normatif et normalisé. Avec ces accès extérieurs, on est dans de nouveaux usages loin du modèle des années 1970”, renchérit l’architecte François Leclerq qui espère que ce modèle de démonstration “fera des petits”. “C’est très novateur dans les bureaux, on a été précurseur”, assure François Leclerq. Vinci Immobilier, promoteur du projet, parle de “bureaux nouvelle génération”.

À cela s’ajoute un rooftop aménagé et accessible pour les entreprises qui sont installées au 3 et au 4e étage. En bas, tout le monde a accès à un jardin vertical destiné à transformer la cour en ilot de fraîcheur.

 

 

Budget de 5 million d’euros et deux ans de travaux

 

Mais ces innovations ont un prix. “La façade revient environ 15% plus cher mais quand on ramène au mètre carré, ce n’est pas énorme”, assure Thierry Iacazio, de Vinci Immobilier et président de la Fondation des promoteurs immobiliers Occitanie. “Les loyers et la vente sont au prix de marché.”

Tous les bureaux ont déjà été vendus, plus d’un tiers sont aujourd’hui occupés par Vinci Immobilier et Urbat, l’Ordre national des infirmiers ou prochainement par des médecins en gastrologie et cardiologie.

Avec un budget de 5 millions d’euros, l’immeuble Weko a été livré en mars 2026, deux ans après le début des travaux en 2024.

 

(Source : Hérault Tribune)