(Communiqué)

 

Le Groupe minoritaire des élus de l’Opposition qui siègent au Conseil Municipal à Argelès-sur-Mer, communique :

 

 

-“Il y a des audits qui éclairent. Et puis il y a ceux qui arrivent avec une sirène, des gyrophares et une conclusion déjà prête : attention, tout va mal ! L’audit financier présenté le 29 juin 2026 appartient plutôt à cette seconde catégorie. Son tour de force consiste à reconnaître que la situation financière reste convenable, tout en donnant au lecteur l’impression qu’Argelès-sur-Mer serait au bord du précipice…

 

Commençons par les chiffres que l’audit lui-même ne peut pas effacer. Le budget principal affiche, au 31 décembre 2025, une épargne nette de 2,64 M€, une capacité de désendettement de 6,3 ans et un résultat de clôture proche de plus de 8 M€. Le rapport budgétaire rappelle de son côté un résultat cumulé de fonctionnement de 12,109 M€, un report au 002 de 8,43 M€ après couverture du besoin d’investissement, et une capacité d’autofinancement 2025 de 4,48 M€. Pour une commune prétendument en difficulté, le malade respire encore plutôt bien.

La dette ? Elle existe, bien sûr. Elle a augmenté, c’est exact. Mais elle a financé des équipements, des travaux et des services. C’est précisément ce que rappelle la Chambre régionale des comptes : la commune a beaucoup investi, et sa capacité de désendettement consolidée reste largement inférieure au seuil d’alerte de 12 ans. Autrement dit, il faut piloter sérieusement, pas jouer les pompiers devant un incendie qui n’existe pas.

L’une des grandes fragilités de l’audit tient à sa comparaison par habitant. Argelès n’est pas une commune ordinaire de 11 000 habitants vivant tranquillement au mois de novembre.

C’est une station classée, surclassée, une ville-centre touristique qui accueille une population estivale massive, avec un port, un camping, des plages, des transports, de la sécurité, de la propreté, des équipements et des services calibrés pour une fréquentation sans rapport avec la seule population INSEE.

Comparer Argelès à une commune résidentielle classique, c’est comparer un camping complet du mois d’août à une maison de village en janvier : le résultat est peut-être mathématique, mais il n’est pas sérieux.

Même procédé sur les recettes. Taxe sur les résidences secondaires, refacturations, flux entre budgets : ce qui relève d’une stratégie budgétaire assumée devient, dans l’audit, un élément presque suspect. On découvre donc qu’une recette pérenne qui permet d’éviter d’augmenter les impôts serait un problème.

Curieuse conception de la bonne gestion : quand une commune trouve des ressources, on lui reproche de ne pas assez souffrir.

Les budgets annexes sont traités avec la même souplesse de méthode. Le Port, le Camping et la Mobilité ne sont pas de simples lignes perdues dans un tableau : ce sont des budgets autonomes, avec leurs recettes, leurs charges et leurs logiques propres. L’audit les individualise quand cela permet
d’insister sur une fragilité ; il les consolide quand cela permet de grossir la dette globale. Selon la conclusion recherchée, le thermomètre change de pièce.

La prospective jusqu’en 2032 appelle aussi la prudence. Une projection ‘toutes choses égales par ailleurs’ n’est pas une prophétie. Une commune arbitre, reporte, priorise, sollicite des subventions, ajuste ses charges, révise ses investissements et vote des décisions modificatives. Sans projet politique stabilisé, sans PPI connu et sans hypothèses clairement débattues, la projection essemble moins à une prévision qu’à un tableur anxieux.

Un audit vraiment utile aurait pu dire : la commune a investi fortement, la dette a progressé, les marges doivent être surveillées et la trajectoire doit être pilotée avec prudence. Ce diagnostic aurait été sérieux, équilibré et utile aux habitants.

Mais le document préfère mettre en scène une inquiétude plus spectaculaire que les chiffres qu’il contient. En réalité, il ne révèle pas une faillite cachée ; il dramatise une situation soutenable pour préparer les esprits à des choix politiques futurs. À Argelès, la vérité est donc moins inquiétante que le décor : les finances appellent de la vigilance, pas une opération de communication déguisée en audit.

En résumé : la dette mérite un suivi, mais les chiffres officiels ne racontent pas une faillite. Ils racontent une commune qui a investi, qui conserve des marges, et dont la situation reste pilotable”.

 

Le “Groupe minoritaire” des élus d’Argelès-sur-Mer