(Vu sur la Toile)
Malgré des interdictions strictes de contact et de présence dans l’Hérault, Gilles D’Ettore aurait multiplié les rencontres prohibées avec des témoins et des élus à Agde. Les juges ont ordonné la révocation de son contrôle judiciaire et son incarcération ce mercredi 21 janvier
(par Cyril Durand, rédaction Hérault Tribune)
Hérault Tribune.- Gilles d’Ettore, mis en examen pour prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et corruption, a été placé en détention provisoire ce mercredi 21 janvier, selon les information du parquet de Béziers. Il s’agit de sa deuxième incarcération dans cette affaire.
Soumis à une interdiction de séjour dans l’Hérault
Remis en liberté sous contrôle judiciaire le 24 juin 2024, Gilles D’Ettore était notamment soumis à une interdiction de séjour dans l’Hérault ainsi qu’à une interdiction de contact avec plusieurs personnes précisément listées, témoins, victimes ou coauteurs présumés du dossier.
Les juges d’instruction avaient toutefois accordé, à titre exceptionnel, des autorisations temporaires de séjour à Agde entre décembre 2025 et janvier 2026, en raison de circonstances familiales graves. L’ensemble des autres obligations et interdictions avait alors été maintenu, notamment l’interdiction de se rendre dans les locaux de la mairie d’Agde et de la communauté d’agglomération Hérault Méditerranée.
Des vérifications menées par le service interdépartemental de police judiciaire de l’Hérault ont cependant établi que, dès le 9 janvier 2026, Gilles D’Etto​re aurait violé à plusieurs reprises l’interdiction de contact avec un témoin clé de l’affaire, employé de la mairie d’Agde. Les enquêteurs évoquent plusieurs rencontres, dont certaines lors d’événements publics, ainsi qu’un échange d’une durée de plus d’une demi-heure dans l’arrière-boutique d’un café de la ville.
Une rencontre fortuite avec Sébastien Frey en marge d’une cérémonie
Il est également reproché à Gilles D’Ettore de s’être retrouvé en présence du maire d’Agde, Sébastien Frey, avec lequel il lui était aussi interdit d’entrer en contact. Une vidéo parue sur les réseaux sociaux et un article de Midi Libre montraient effectivement Gilles D’Ettore présent à la remise des prix de la Société nautique des jouteurs agathois, le 17 janvier, comme d’autres personnalités de la ville dont le maire.
Contacté, Sébastien Frey explique avoir “été convoqué par la police judiciaire mardi 20 janvier pour confirmer les faits relatés par la presse”. Lors de ces rencontres, Gilles D’Ettore lui aurait alors reproché certaines déclarations faites dans le cadre des procédures judiciaires en cours, avant de quitter les lieux en indiquant qu’“il entendrait parler de lui”.
Gilles D’Ettore, candidat à la mairie d’Agde en mars 2026…
Présenté aux juges d’instruction ce mercredi 21 janvier 2026 en exécution d’un mandat d’amener, Gilles D’Ettore a reconnu avoir rencontré à plusieurs reprises les personnes concernées, tout en affirmant qu’il s’agissait de rencontres fortuites. Il a également indiqué son intention de se porter candidat à la mairie d’Agde lors des élections municipales de mars 2026, tout en contestant avoir adressé des reproches ou des menaces au maire en exercice.
Estimant que les violations du contrôle judiciaire étaient graves, préméditées et réitérées, et qu’elles avaient été commises à l’aide de méthodes destinées à dissimuler ses agissements à l’autorité judiciaire, le juge des libertés et de la détention, saisi sur réquisitions conformes du procureur de la République, a ordonné la révocation du contrôle judiciaire et le placement en détention provisoire de Gilles d’Ettore.
Les investigations se poursuivent sous l’autorité des magistrats instructeurs.
(Source : Hérault Tribune)

