-“Le verdict des dernières élections municipales à Argelès-sur-Mer est sans appel : la liste menée par Julie Sanz l’emporte largement avec 66% des suffrages. Mais ce résultat ne se résume pas à une simple victoire électorale. Il traduit aussi, et surtout, un rejet clair et net du maire et président de la communauté de communes sortant, Antoine Parra

 

Ce vote massif exprime une lassitude profonde face à une gouvernance jugée méprisante envers celles et ceux qui ne partagent pas ses orientations politiques. Beaucoup dénoncent un comportement marqué par l’orgueil, un égo démesuré, un manque de travail et de considération pour les citoyens.

Malgré ce désaveu démocratique — puisque moins de 35 % des électeurs lui ont accordé leur confiance — Antoine Parra envisage pourtant de se positionner à la présidence de la communauté de communes Albères – Côte Vermeille – Illibéris (CC-ACVI). Comment ose t’il ? Son discours de façade, félicitant Julie Sanz, laissait entrevoir des ambitions bien différentes de l’image qu’il souhaite donner.

Ces ambitions interrogent. Elles semblent davantage motivées par les indemnités liées à ces fonctions que par l’intérêt général. D’autant que dans les compétences de la CC-ACVI on retrouve l’urbanisme. Rappelons qu’en 2020, lors de sa prise de fonction à la tête de la communauté de communes, sa première décision fut d’augmenter considérablement son indemnité par rapport à celle de son prédécesseur, Pierre Aylagas. De même, en tant que président du SCOT, il s’est attribué une indemnité jusque-là inexistante.

Dans ce contexte, certaines décisions interrogent sur leur équité. Est-il normal que le maire d’Elne, Nicolas Garcia — représentant la deuxième commune du territoire en termes de population et de poids financier — se retrouve relégué au rang de dernier vice-président pour avoir soutenu une autre candidature ? De même, le maire de Collioure a été marginalisé durant six années. C’est cette gestion que les élus du territoire veulent encore pour six ans, oubliant au passage de travailler, oubliant les grands projets à moyen et long terme.

Face à ces pratiques, les élus du territoire doivent prendre leurs responsabilités républicaines. Respecter le vote des Argelésiens, c’est respecter la démocratie locale.

Les arrangements entre élus, les intérêts personnels et les logiques de pouvoir ne peuvent pas primer sur la volonté populaire. Un maire des Albères ayant des intérêts indirects avec la communauté de communes doit également faire preuve d’honnêteté et d’une transparence irréprochable.

La population ne tolérera plus ces “tambouilles” politiques ni ces arrangements entre initiés. Si les citoyens se détournent de la politique, c’est précisément à cause de ces pratiques. Il est temps de restaurer la confiance”.

 

*Charles Campigna, conseiller municipal d’Argelès-sur-Mer.