*ASR = Association pour la Sauvegarde du Racou

 

(Communiqué)

– “La Communauté de Communes Albères – Côte Vermeille – Illibéris (CC-ACVI), son président, M. Antoine Parra* et l’ObsCat, ne manquent jamais de mettre en avant leur attachement à la protection du littoral et de la biodiversité. Ce mois d’août, dans la presse locale, ils ont vanté leurs « actions exemplaires » en matière d’environnement.

 

La protection de la zone Natura 2000

 

À l’occasion de deux nominations, la Communauté de Communes confirmait sa volonté « de renforcer son engagement en faveur de la préservation d’un patrimoine naturel unique ».

Mais rappelons qu’en 2024, le Conseil municipal d’Argelès, avec le soutien du Parc Marin du Golfe du Lion, a voté – en toute illégalité – une modification du périmètre de la zone Natura 2000 qui pourrait bloquer ses projets.

Face à cette décision irrégulière, trois associations locales regroupées au sein du CASPA (ADREA, ASR, ANE) ont imposé l’annulation de cette manœuvre en 2025.

 

La protection du littoral

 

Fin août, un article sur la plage de la Marenda rapportait les propos triomphants de la CC ACVI et de l’ObsCat, qui se félicitaient des résultats des ganivelles, censées « atténuer le recul du trait de côte » et stabiliser les dunes.

L’initiative peut sembler très positive… sauf qu’elle a été déployée sur une plage qui n’a connu aucune érosion depuis 71 ans. La comparaison des traits de côte 1953-2024 sur Géoportail (IGN) montre, au contraire, une accrétion dans le secteur.

De plus, comment tirer des conclusions sérieuses alors qu’aucune réelle tempête n’a touché le littoral argelésien durant la période d’observation (2020, date de Gloria) ?

Si la CC ACVI voulait vraiment tester l’efficacité de ses dispositifs, elle aurait pu choisir une zone réellement touchée par l’érosion, par exemple le Racou, qui subit depuis 60 ans les conséquences directes de la construction du port (Expertise du Tribunal Administratif de Montpellier).

Plutôt que de se féliciter de protéger des plages qui ne sont pas érodées et de « reconquérir », les dunes, la CC ACVI et l’ObsCat auraient pu :

• éviter de reconstruire la digue nord du port en déversant 60 000 tonnes de béton et d’acropodes sans aucune étude d’impact environnemental ;

• s’abstenir de rejeter 15 000 m³ de boues portuaires noirâtres et polluées aux HAP, substances reconnues comme potentiellement cancérigènes, qui ne pouvaient être destinées qu’au secteur du BTP comme le précise une étude commandée par l’État et la Région.

Ces rejets ont eu lieu en pleine zone de baignade surveillée, pendant la période de reproduction des amphioxus, et en totale contradiction avec l’arrêté préfectoral.

Il est certainement plus facile de « protéger » des plages qui ne s’érodent pas encore que d’affronter la réalité des secteurs réellement menacés et reconnaitre la responsabilité d’un ouvrage portuaire que l’on souhaite agrandir”.

 

L’ASR (Association pour la Sauvegarde du Racou)

*NDLR. Antoine Parra, par ailleurs maire d’Argelès-sur-Mer.