Dépôt de gerbes du Souvenir Français et de SOLDIS.

A l’occasion de la journée internationale des disparus, avait lieu à Port-Vendres, le 30 août 2025, un hommage au 642 miliaires français, hommes et femmes, morts pour la France, disparus pendant la guerre en Algérie (1954-1962). La mairie de Port-Vendres, l’association SOLDIS, et le Souvenir Français, portent ensemble l’organisation de ce rendez-vous mémoriel annuel

 

La sculpture de Virgil enfin mise en place.

Cette année, depuis l’inauguration intervenue en 2022, la sculpture monumentale de Virgil, initialement prévue, figurait enfin aux pieds du mat des couleurs. Patrick Gauchot, assisté de François Guillaumas et Thierry Aes Guy, en fut le maitre de cérémonie.

Cette cérémonie annuelle est surtout destinée aux familles des disparus, qui faute de sépultures pour leurs parents, font annuellement le déplacement à Port-Vendres avec le général Henry-Jean Fournier, président de l’association SOLDIS, pour se recueillir face aux marbres portant les noms de ces militaires morts pour la France et dont les corps n’ont jamais été retrouvés, ou restitués par le FLN, ou les autorités de la dictature algérienne depuis 1962.

Ainsi, à la suite de demandes des familles, il y eu un dépôt de onze gerbes :

– gerbe pour l’ensemble des disparus, que le général Henry-Jean Fournier déposa en compagnie du général Vinchon administrateur national du Souvenir Français et du général Gilles Glin délégué général pour les Pyrénées-Orientales.

– gerbe déposée par le général Henry-Jean Fournier et les membres du Conseil d’administration de SOLDIS (stèle centrale)
– gerbe déposée par Jacques Le Merre pour son frère, le lieutenant François Le Merre (stèle n° 7).
– gerbe déposée par M. Guichard, adjoint au maire de Rive-de-Gier et Denise et Monique Jaboulay pour leur frère René Jaboulay (stèle n°6).

– gerbe déposée par M. Mangione et sa nièce Madame Eve Baldi, pour leur frère et oncle Alessio Mangione (stèle n° 8).

– gerbe de l’Association nationale des Combattants de l’Union Française (ACUF) par Roger Lecot et Alain Dupouyet (stèle centrale).

– gerbe du Groupe de Recherche des Français Disparus en Algérie (GRFDA) par Colette Ducos-Ader, présidente du GRFDA (stèle centrale).

– gerbe du Centre de Documentation Historique de l’Algérie (CDHA Aix-en-Provence) par Martine Ivara, présidente et des membres de son CA (stèle centrale).

– gerbe de la Maison des Agriculteurs Français d’Algérie, par Mme Ducos-Ader, vice-président de la MAFA (stèle centrale).

– gerbe de la mairie de Port-Vendres.

– gerbe de la préfecture déposée par Clara Thomas, sous-préfète de Céret.

Grégory Marty, maire de Port-Vendres, le général Henry-Jean Fournier, président de l’association SOLDIS, le général Pascal Vinchon, représentant le président général du Souvenir Français, le général Gilles Glin, délégué général du Souvenir Français pour les Pyrénées-Orientales, monsieur Renaud Shouver, directeur départemental de l’ ONaC-VG, Jean-Jacques Gondal, président du comité d’entente des associations patriotiques des Pyrénées Orientales, les représentants de la gendarmerie, constituaient le rang des autorités.

On notait dans l’assistance, la présence, des représentants de la section départementale des membres de la Légion d’Honneur, de Gérard Isern président départemental des membres de l’ordre national du mérite, entourés de nombreux représentants des associations patriotiques portant la mémoire de la guerre d’Algérie, des représentants de la Gendarmerie et de la RISC de Port-Vendres.

Une vingtaine de jeunes porte-drapeaux de la section Pierre Bayle du Souvenir Français et autant de porte-drapeaux aînés marquaient par leur présence la solennité de cette cérémonie.

Le général Fournier et le maire de Port-Vendres prononcèrent des allocutions pleines d’émotions, le général Fournier soulignant le rôle clé de la mairie dans la réalisation de ce monument. Ils rappelèrent l’importance de la mémoire collective et familiale de ces événements, le manque de collaboration mémorielle des autorités de la dictature algérienne, et le rôle joué par Port-Vendres dans le lien Métropole -Afrique du Nord lors de cette guerre.

 

Allocution du Général Fournier, président de SOLDIS.

Les familles des disparus ont enfin un lieu pour se recueillir.

 

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Notes 

 

La lecture du livre d’or des militaires français portés disparus en Algérie permet de mieux connaître les circonstances dramatiques de ces disparitions.

Nous apprenons que peu de démarches spécifiques ont été effectuées pour tenter de retrouver des prisonniers et a fortiori des corps.

La raison tenait le plus souvent à la rapide rotation des cadres dans les régiments souvent armés par des appelés, aux changements de secteurs, à l’absence de renseignements fiables, et surtout au comportement d’une population redoutant les représailles des rebelles du FLN.
Mais il est un cas exemplaire qui est relaté par ce livre d’or. Celui de l’expédition menée par le commandant du 2ème escadron du 20e régiment de dragons à pied, pour retrouver les corps de trois jeunes appelés du 29e dragons affectés à la 19e Division d’Infanterie à Kherrata, en Kabylie, portés disparus à l’issue d’un combat survenu en février 1956.

Grâce à des renseignements obtenus par le 2e bureau (renseignements) de son secteur, le capitaine se rendit avec un détachement dans le village soumis à la loi des rebelles du FLN, en juin 1956 soit quatre mois après les faits.

Les témoignages recueillis confirmaient que les trois appelés avaient été fait prisonniers vivants et qu’ils avaient été assassinés et ensevelis dans le village même. Le capitaine fit creuser par la population une tranchée de trois mètres de large sur une longueur de trente mètres.

Il écrivit dans son rapport :

“Après quatre heures de travaux, vers midi, un premier corps fut mis à jour, celui du brigadier Alexandre. Il avait les mains liées avec du fil de fer sur la poitrine. Il était couché sur le dos, déchaussé du pied droit et semblait avoir été égorgé. Le 2e corps fut découvert à 15h30, celui du brigadier Delmarty, qui avait les mains liées derrière le dos. Il semblait ne pas avoir été égorgé. Le 3e corps fut retrouvé vers 22H. Celui du dragon Guitard. Il avait également les mains liées derrière le dos. Sur sa poitrine et sur son ventre furent trouvés deux grosses pierres de plus de cinquante kilos qui paraissaient avoir défoncé le thorax et écrasé la partie abdominale. Un trou à la tête laissait supposer que l’intéressé avait reçu un coup de pioche kabyle. Il était impossible avant de commencer la fouille de constater qu’une modification quelconque avait été apportée au terrain. »

Ainsi, ces travaux de camouflage constituaient la preuve de la complicité de la population.
Sans l’engagement de ce capitaine, ces trois militaires auraient rejoint la longue liste des militaires Français disparus en Algérie.