*GICB = Groupement Interproducteurs Collioure Banyuls

 

Alerte sur la crise grave qui couve sur dans la majeure partie du vignoble… Selon les coopérateurs : “Cela risque d’être un séisme économique et environnemental” sur le canton (Albères – Côte Vermeille – Illibéris/ CC-ACVI). Cent cinquante familles vivaient exclusivement de la viticulture à Banyuls-sur-Mer en 2020 (source Jean-Michel Solé, maire de Banyuls-sur-Mer)

 

Les vignes, pour lesquelles des substituts au Glyphosate n’ont pas fait la preuve de leur efficacité, ne peuvent plus être entretenues, eu égard au prix de revient de la mise en culture. La précarité financière des exploitations et du secteur coopératif paralyse la communication sur les produits (Collioure-Banyuls), ce malgré leur qualité et leur forte identité.

On voit poindre une transformation du paysage façon Cadaquès, sur la Costa Brava espagnole où l’on retrouve les vestiges d’une agriculture jadis essentielle…

Un spécialiste du secteur n’hésite pas à fustiger : “Les politiques ont eu pendant trop longtemps une vision esthétique voire folklorique (fête des vendanges) du Cru Banyuls, sans prendre la mesure du déclin de la filière, du vieillissement des producteurs et de l’absence totale de rentabilité et donc d’attractivité de l’activité”. Et d’enfoncer le clou : “L’investissement hasardeux sur la cave du Mas Ventous, basée sur une production moyenne de 30 000 hectolitres, n’est aujourd’hui plus garanti et les banques sont au premier rang des créanciers”.

C’est un coup dur pour la crédibilité économique du travail des vignerons pour qui le recours au crédit sur investissement sera de plus en plus cher. La spirale est donc lancée…

Le tout-tourisme et donc le sur-tourisme ont de beaux jours devant eux… “C’est en tout cas ce que démontrent, saison après saison, certains maires de la côte (Collioure et Argelès-sur-Mer en particulier) depuis le début de leur mandat (en 2020)”, s’inquiète un restaurateur fortement impliqué dans la promotion des vins du Cru.  “Des élus littoraux qui ont déclenché une espèce de course à l’échalotte revisitée à la sauce médiatico-narcissique, au mépris des identités locales, économiques, humaines et sociales, au mépris du bien-être des habitants tout simplement !”.

L.M.

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