“Estagel, mon beau village” : tel est le thème choisi par Rogelio pour présenter son exposition au centre Mandela jusqu’au 2 juillet. Nous avons déjà eu l’occasion de présenter cet artiste-peintre dans ces mêmes colonnes. Originaire du pays basque, espagnol, et à la suite d’un intermède dans la région parisienne pour sa carrière, le voilà installé dans le haut du village depuis près de 21 ans. Son occupation de retraité est la peinture

Nous dirons que son art est plus qu’une occupation. Pour Rogelio, la peinture à l’huile et à l’acrylique, est une véritable passion et les motifs d’inspiration sont nombreux dans son environnement.

Certes, les paysages sont pour lui l’une des sources permettant le développement de son art, mais d’autres sensibilités l’inspirent aussi et se dégagent de son œuvre picturale.

 

Des paysages étincelants de lumière

 

C’est l’impression que nous avons dès notre entrée dans la salle d’exposition. Une bouffée d’air pur, le soleil qui vient faire cligner les yeux, le sentiment de sentir les odeurs mélangées qui se dégagent de tous ces paysages. Si ces derniers se situent dans les environs d’Estagel, et que forcément nous reconnaissons pour la plupart, d’autres, venus de son pays natal grâce à la mémoire de l’artiste, émerveillent également nos sens. Là, une scène de baignade sous le pont traversant l’Agly, ou encore une journée de vendange au pied de la forteresse cathare de Quéribus, viennent nous rappeler qu’il fait bon vivre dans le Fenouillèdes.

Ceux provenant de sa mémoire et de son pays basque natal, comme Getaria, dans la province de Guipuscoa, montrent quelque part, toute la nostalgie d’une enfance et adolescence pas toujours facile en Espagne, mais rappellent avec force, les racines basques de Rogelio.

Cette force tranquille, qui émerge de toutes les œuvres exposées représentant la nature, viennent nous montrer que souvent, il est suffisant de savoir ouvrir les yeux pour que notre esprit retrouve la quiétude.

Rogelio, en autodidacte confirmé, est passé maître dans ce regard profond qu’il porte sur son environnement.

 

L’Andalousie présente dans l’œuvre de Rogelio

 

S’il existe en Espagne une région qui reste gravée dans les mémoires pour ceux qui ont eu la chance de la visiter, c’est bien l’Andalousie. Les oliviers à perte de vue, le soleil qui transperce les chairs, le flamenco, dansé par des femmes et des hommes jusqu’au surpassement de soi, les chevaux si beaux avec leurs harnachements lumineux, sont autant d’images que vous retrouverez en visitant l’exposition. Et vous baignerez ainsi, dans un monde qui peut inspirer la souffrance, tout autant que cette volonté féroce de vivre pleinement.

 

Les caricatures et un monde imaginaire

 

Les caricatures sont aussi un monde où excelle Rogelio. Vous retrouverez de nombreux personnages, qui viendront également replonger votre mémoire, dans un passé où il était bon d’apprécier des acteurs de cinéma comme le grand Fernandel et le non moins célèbre Bourvil. Mais aussi des chanteurs sont également croqués par le pinceau de Rogelio. Ferrat, Brassens et tant d’autres, sont ainsi présents sur les murs de la salle Mandela.

Mais nous dirons que notre préférence va vers l’autoportrait de Charlie Chaplin. Nous ne trouverons pas les mots pour expliquer la réalisation de cette toile. Une chose est cependant certaine, vous resterez sans force devant cette réalisation, tant son expression est forte.

N’hésitez pas ! Venez rendre visite à Rogelio. Vous serez accueillis de la meilleure manière et en toute simplicité.

Joseph Jourda