(Vu sur la Toile)
(par la Rédaction d’Europe 1 – Louise Sallé, édité par Solène Leroux avec AFP)
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Europe 1.- Dès aujourd’hui mercredi 2 février 2022, vous pouvez vous balader sans masque en extérieur, que ce soit dans les files d’attente ou dans les marchés et dans les remontées mécaniques. Le télétravail au moins trois jours par semaine, là aussi n’est plus obligatoire. Il reste néanmoins recommandé pour les entreprises qui peuvent l’appliquer. C’est aussi la fin des jauges dans les lieux recevant du public assis comme les stades et les établissements culturels. Mais il faut porter un masque et présenter un pass vaccinal.

Enfin, pas de changement pour l’instant à l’école. On en saura plus la semaine prochaine sur l’allègement du protocole puisque le ministère de l’Éducation nationale et les syndicats discuteront de ce sujet mardi prochain. Des annonces pourraient intervenir après ces concertations et si des décisions sont prises, elles s’appliqueront à la rentrée des vacances scolaires.

 

Un soulagement pour les professionnels concernés

 

Le 20 janvier dernier, le gouvernement avait dégagé un peu l’horizon des Français, bouché par près de deux ans de pandémie, en détaillant un calendrier d’allègement des contraintes pesant sur la vie quotidienne. À la faveur du nouveau pass vaccinal, qui a remplacé fin janvier l’ancien pass sanitaire, « nous pourrons courant février lever la plupart des restrictions prises pour freiner l’épidémie », avait promis le Premier ministre, Jean Castex. Promesse tenue : l’allègement des contraintes prend effet ce mercredi. « C’est un gros soulagement », a réagi auprès de l’AFP Sylvie Chauchoy, directrice du Zénith de Strasbourg, le plus grand Zénith de France.

« On a quand même eu un genou à terre le 27 décembre » à l’annonce des jauges. « On est soulagé, on va retravailler, mais maintenant, il faut qu’on vende de la billetterie, le ticket ne se vend pas actuellement. On a cette épée de Damoclès au-dessus de nous », ajoute-t-elle.

 

De nouvelles levées le 16 février

 

Deux semaines plus tard, le 16 février, ce sont les discothèques, fermées depuis le 10 décembre , qui pourront rouvrir et les concerts debout seront à nouveau autorisés. La consommation au comptoir sera également possible dans les bars. Tout comme la consommation dans les stades, les cinémas et les transports. D’autres pays européens ont déjà desserré fortement leurs restrictions, à l’instar de du Royaume-Uni et du Danemark. Dans ce pays, même le pass sanitaire n’est plus obligatoire.

Aux yeux des autorités, la levée des contraintes est notamment justifiée par le fait que la menace sanitaire due au variant Omicron est limitée, puisqu’il est moins dangereux que ses prédécesseurs, bien que nettement plus contagieux. « C’est un choix politique, dans une situation sanitaire qui évolue très lentement et où tout le monde aspire au monde d’après », commente Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon, à Paris. Selon lui, la décrue n’est pas encore confirmée : « On a l’impression qu’on n’est pas encore arrivé à la descente d’un pic, mais plutôt sur un plateau. »

 

La circulation du virus reste élevée

 

En moyenne sur sept jours, plus de 334 000 nouveaux cas d’infection au coronavirus ont été enregistrés en France lundi, un chiffre qui baisse chaque jour légèrement depuis le milieu de semaine dernière. Mais le nombre de cas reste à des niveaux jamais vus avant l’arrivée fin 2021 du variant Omicron. Et si la situation semble stable dans les services de soin critiques, le nombre de patients hospitalisés se maintient à un niveau élevé. « Pour les semaines à venir, il y a une grande part d’incertitude », reconnaît Gilles Pialoux.

Fallait-il attendre avant de desserrer l’étau ? « Abandonner le masque à l’extérieur risque de se traduire par une diminution de son utilisation dans les espaces fermés », s’inquiète-t-il. « La circulation du virus reste extrêmement élevée et les infections ne vont pas retomber d’un coup après le pic », met aussi en garde l’épidémiologiste Mircea Sofonea. « Dans la mesure où on allège des contraintes sans pour autant mettre en place en même temps des mesures de freinage comme l’installation de capteurs de CO2 » pour évaluer le niveau de contamination de l’air intérieur, la décrue pourrait être très lente, prévient-il.