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Fronde des policiers : les premiers effets se font ressentir sur la justice
(Article de Vincent Vantighem avec Manon Aublanc • Rédaction BFMTV)
Les mouvements de protestation des policiers, en arrêt maladie ou en service minimum lié à l’utilisation du code 562, prend de l’ampleur et commence à se ressentir dans les tribunaux.
BFMTV.- Meaux, Bobigny, Paris… Et bien sûr Marseille. Les tribunaux de plusieurs grandes villes de France commencent à subir les premiers effets du mouvement de fronde des policiers, entamé vendredi dernier à Marseille.
En arrêt maladie ou en service minimum lié à l’utilisation du code 562, les policiers sont désormais moins nombreux à procéder à des arrestations en flagrant délit et à assurer les gardes à vue. En conséquence, le nombre de déferrements devant les parquets des tribunaux connaît une baisse significative.
Une baisse « multifactorielle »
« En juillet 2022, on était en moyenne à quarante-deux personnes déferrées par semaine. Cette semaine, on sera à une petite vingtaine », confie ainsi Jean-Baptiste Bladier, le procureur de la République de Meaux (Seine-et-Marne).
Le magistrat tient cependant à nuancer les choses. « Il y a le mouvement des policiers, mais il y a aussi les récupérations qu’ont pris certains policiers qui ont beaucoup donné lors des émeutes. Selon moi, cette baisse est multifactorielle. »
À Bobigny (Seine-Saint-Denis), même constat. S’il est encore trop tôt pour chiffrer précisément les choses, le parquet note « une tendance à la baisse en lien avec la baisse du nombre de gardes à vue prises depuis le début de la semaine. »
« Beaucoup moins de flagrant délit »
Si les contacts entre les magistrats et les policiers restent très bons, la situation des seconds impacte évidemment le travail des premiers.
À Paris, les comparutions immédiates sont aussi moins chargées que d’ordinaire. Car les déferrements ont été divisés par deux depuis quelques jours. « Les grosses opérations de police prévues de longue date comme des grosses arrestations sont maintenues, confie ainsi une source judiciaire. Mais il y a beaucoup moins de flagrants délits, beaucoup moins d’arrestation à l’instant après une opération de contrôle par exemple. »
Sans surprise, le tribunal de Marseille subit également l’impact du mouvement. Avec un nombre de gardes à vue en chute libre et des problèmes, y compris, pour pouvoir trouver des escortes policières capables d’amener les suspects au tribunal. Depuis le début du mouvement, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône refuse de communiquer des chiffres sur le nombre de policiers qui se sont arrêtés. Mais elle reconnaît que la situation est « compliquée ».
(Source BFMTV)
