Pour les habitants des Pyrénées-Orientales (P-O) appelés aux urnes citoyennes par la Majorité départementale socialo-communiste (PS-PCF) afin de modifier le nom du département : « ces élucubrations politicardes-politiciennes sur ce projet ridicule de nouveau nom de département ne grandissent par leurs auteurs », écrit un internaute domicilié au Soler. « Comme pour le coût pour le budget du Département, cette opération va se faire aux frais des contribuables qui assumeront des chantiers dilapidant temps et moyens au service de tous pour le caprice d’une poignée d’élus manifestement désoeuvrés et dépourvus d’idées ! ». Point à la ligne
Sur les réseaux sociaux, les échanges sont de plus en plus incendiaires (décidément c’est de saison) s’agissant d’alimenter le débat sur le référendum du changement de nom du département*, impulsé par la présidente du Département66, Hermeline Malherbe (PS) et son 1er vice-président, Nicolas Garcia (PCF), ex-maire d’Elne.
Evoquant le coût annoncé par les organisateurs de ce « scrutin » pas comme les autres, concernant donc ce changement de nom « souhaité », un internaute du Barcarès souligne : « il ne s’agirait donc « que » de 30 000 euros ? Qui peut le croire, à part ses instigateurs ? Il faudrait déjà s’interroger sur l’urgence d’une telle dépense pour une lubie flattant 2% d’électeurs catalanistes dans un département économiquement sinistré et confronté à des enjeux vitaux. Je pense déjà là à l’enjeu de l’eau qui menace trés sérieusement la survie de notre agriculture départementale, et ce n’est pas peu dire ! ».
Un internaute de Canet-en-Roussillon, décideur reconnu, évoque lui de son côté « le coût avec des professionnels de la communication, de la gestion publique et avec des élus. Tous s’accordent à considérer que ce « coût » est tout simplement grossièrement minoré, même s’il ne concerne que le budget du Conseil Départemental, ce qui constitue déjà une détestable manipulation ». Et il soutient : « Le sujet du coût réel pour le contribuable doit être assez sensible pour que la présidente se permette la contrevérité flagrante de prétendre que cela ne coûterait pas plus cher que de transformer « Conseil Général » en « Conseil Départemental », ne constituant donc qu’un « coût résiduel assez faible » selon elle : n’importe qui peut constater qu’une partie des signalisations – panneaux de routes en têtes – dans l’espace public ne mentionnent pas « Conseil Général » ou « Conseil Départemental », mais par contre « Pyrénées-Orientales ». Les auteurs de ce référendum nous baladent, ils nous mènent en bateau, tout simplement ! ».
Un internaute d’Estagel enfonce le clou : « Moins de 30 000 euros, vraiment ? Pour modifier le logo du conseil départemental – ou en profiter pour en créer un nouveau, ce qui est assez probable -, sa charte graphique, les en-tête de tous les formulaires de l’Administration, la mise à jour de tous les sites informatiques et de tous les réseaux sociaux, les façades de tous les bâtiments publics et le mobilier urbain, le flocage de l’intégralité des flottes de véhicules et d’engins, ceci pour tous les services et tous les satellites comme l’Office départemental HLM ou l’Office de tourisme, les panneaux routiers sur toutes les voies d’entrée, jusqu’aux stands et matériels d’exposition, les chasubles et uniformes des fonctionnaires etc.-etc. Comment peut-on les croire ? C’est grotesque. Abracadabrantesque ! Et ce sont eux, ceux-là , qui nous dirigent ? Il est grand temps de confier la gestion du Département66 à un cabinet de comptables patentés ! ».
Il conclut : « Parions déjà que cette enveloppe de 30 000 euros ne constitue que les coûts qui seront facturés au service de Communication par des sociétés extérieures. En ce cas, on parle de « coûts marginaux », ne prenant pas en compte la réalité économique pour la Collectivité des moyens et heures de travail des services internes : techniques, informatique, de communication… Or ces personnels et ces moyens techniques ont aussi un coût, ce sont les contribuables qui les paient, donc ils devraient être pris en compte ».
Mais, rappelle un internaute qui se présente comme un habitant de Perpignan, « les contribuables vont aussi devoir payer la même transformation de nom à l’échelle de tous les services de l’Etat dans le département, Préfecture des « Pyrénées-Orientales » en tête. Interventions à prévoir ensuite partout où « Pyrénées-Orientales » apparaît: dans toutes les communications publiques et dans tous les serveurs des communes du département, dans la Région Occitanie, dans l’administration centrale, tous les ministères, tous les corps constitués ».
Soulignons aussi ici que même les entreprises qui ont eu le malheur de faire figurer le nom du département sur leur communication devront tôt ou tard en effectuer la correction, jusqu’aux auteurs et éditeurs de manuels scolaires. Bref, partout où figure aujourd’hui « Pyrénées-Orientales », il y aura un coût de temps et de moyens à perdre. Jusqu’à ces valeureux plumitifs qui vont devoir pendant des années, ajouter après avoir prononcé ou écrit le nom du 66, préciser « antérieurement Pyrénées-Orientales » !
Un autre internaute perpignanais, sur sa page Facebook, interpelle : « Dans quel objectif, ce gâchis financier ? Une question d’identité ? Les élus de gauche du département ne voulant pas abandonner la « question identitaire » à leurs ennemis jurés de droite et d’extrême-droite de plus en plus puissants localement ? Comme ils l’ont fait auparavant dans leurs discours sur la sécurité et l’immigration, chacun comprendra qu’il s’agit juste d’aller quêter des voix parmi les électeur du camp d’en face… Une question de lisibilité ? Comme si remplacer « Orientales » par n’importe quel autre mot allait bouleverser l’attractivité du territoire ? L’argument est tellement risible qu’il est impossible de le prendre au sérieux. 99% des touristes venant dans la région en ignorent les noms de départements, et ils se moquent de savoir si le Barcarès est dans l’Aude ou Gruissan dans les Pyrénées-Orientales ».
Cela est tellement vrai !
Pour s’en convaincre il suffit de lire, là aussi, les commentaires sur les réseaux sociaux, plus spécialement ceux rédigés à l’intention et à l’attention des OT (Offices de tourisme) et autres syndicats d’initiative, des agences immobilières, des diverses polateformes d’héberggement comme Airbnb.
Celles et ceux qui ont séjourné chez nous se souviennent parfaitement des infrastructures, des initiatives locales, des événements proposés, des alternatives au mauvais temps, des rapports qualité-prix, de l’accueil qui leur est réservé. Elle est bien là , l’attractivité d’un territoire.
–« Orientales » ou pas, un touriste se rappellera des commerces ouverts ou fermés en pleine saison estivale, des communes où la circulation et les panneaux d’orientations forment un mauvais jeu de piste, du prix du stationnement et du PV quand il n’a pas pu déplacer son véhicule. Il se rappellera longtemps, ce touriste, des photos de l’Airbnb sur le site et ce qu’il a découvert en en ouvrant la porte : juste une question d’angles de prise de vue et d’un peu de retouche par l’IA, les essaims de moustiques, le niveau sonore nocturne et les incivilités ne pouvant pas être mis à la charge du loueur.
Il se rappellera, et en parlera sur les réseaux et parmi ses amis, qu’on lui a servi une paella étique et indigeste après une attente interminable alors que des habitués arrivés plus tard sur la même terrasse étaient servis en priorité avec des plats royaux, ou que sur tel port les menus alléchants ne correspondaient (presque) jamais « aux arrivage de frais » donc pour le même prix au contenu de leur assiette.
A l’évidence, pour l’attractivité du territoire « Pyrénées-Orientales », il y a encore beaucoup à faire, bien plus urgent et bien plus important que le ruban coupé par des élus devant un Hôtel du Département rebaptisé.
L.M.
*Pyrénées-Orientales… Pyrénées-Catalanes… Pyrénées-Méditerranéennes… Pyrénées-Roussillon ?…
