Incroyable : en réaction à sa mise en examen pour des faits de présomption de corruption, le réaction de l’ex-sénatrice des P-O et actuelle présidente socialiste du Conseil Départemental est : “Cela n’impacte en rien mon mandat” ! La justice lui reproche pourtant des faits d’une extrême gravité, de “favoritisme”, de “prise illégale d’intérêts”, mais pour Hermeline Malherbe “circulez, y’a rien à voir !”

 

Loin de nous l’idée de vouloir tirer sur l’ambulance, mais si la présidente du Conseil Départemental des P-O, Hermeline Malherbe, haut-perchée sur son piédestal en carton-pâte, n’est pas capable de tirer immédiatement les conclusions de l’affaire judiciaire dans laquelle elle est désormais empêtrée, embourbée, engluée – on vous laisse le choix des mots -, à divers degrés de (ses) responsabilités, alors cela donne du personnage une idée de son sens des responsabilités collectives et de l’intérêt général.

Dans un communiqué (plutôt maladroit) envoyé uniquement à des journalistes triés sur le volet, Hermeline Malherbe précise : “Dans le cadre de l’enquête menée par le JIRS de Marseille qui concerne des entreprises et des élus des P-O, j’ai été entendue dernièrement. Cela n’impacte en rien mon mandat de Présidente du Département (…). Soucieuse de laisser la justice effectuer son travail, je ne m’exprimerai pas sur le sujet en dehors de cette déclaration”.

Rappelons qu’Hermeline Malherbe, suite à de longues investigations menées par le Pôle délinquance financière et économique de Marseille (département des Bouches-du-Rhône) – concernant les chantiers publics des P-O, et dont les enquêtes et auditions de personnalités diverses agitent le département depuis maintenant plusieurs mois -, est mise en examen aujourd’hui pour “corruption passive” : elle a interdiction de quitter le territoire, son passeport lui a été confisqué et elle a dû verser une caution de 50 000€uros. Rien que ça !

Avec elle, une dizaine d’autres personnalités (re)connues – élus, architectes, chefs d’entreprise… – ont également été mises en examen, mais jusqu’ici seul le nom du maire de Baixas avait fuité dans les médias : sans doute parce qu’il est membre du Rassemblement National ?…

La justice les soupçonne d’avoir accordé des marchés publics, lors de la construction et/ ou la rénovation de bâtiments publics, de logements sociaux notamment, en tant qu’élus et/ ou maîtres d’œuvres… Rappelons que durant la période visée par l’enquête judiciaire en cours, Hermeline Malherbe était présidente de l’OPH66*. Un détail qui forcément n’est pas passé inaperçu aux yeux des fins limiers marseillais.

Évidemment que Mme Malherbe doit démissionner de la présidence du Département66. Car en attendant le jugement final, dans cette affaire, elle n’a plus la moindre crédibilité.

Le seul fait, par exemple, qu’elle ne puisse pas sortir du territoire est totalement incompatible avec cette fonction. Et quelle image renvoie-t-elle de son si cher Pays catalan à l’extérieur, aux éventuels investisseurs, aux festivaliers de tous bords, aux congressistes ?… Ironie du sort qui en est jeté et presque scellé : elle ne pourra même pas se rendre prochainement à Gérone ou à Barcelone pour fêter la victoire des socialistes aux récentes élections municipales…

Qu’en pensent les partis politiques de la gauche – au premier chef le PS bien sûr, mais aussi PCF, PRG, EELV, les Catalanistes… – qui siègent à ses côtés (ou qui la soutiennent à la Région) dans cette gouvernance départementale ? Eux, si prompts d’habitude à réagir dès qu’une allumette surgit dans le camp politique d’en face. Eux, qui nous ont habitué, la main sur le cÅ“ur, à incriminer immédiatement la droite, l’extrême droite, quand il y a un incendie quelque part. Etc.-etc.

Aujourd’hui, c’est dans la Maison de cette gauche qu’il y a le feu. Selon divers témoignages recueillis auprès de personnels exerçant dans ladite collectivité territoriale – et dont certains s’apprêteraient, eux, à réagir dans la journée via un communiqué de presse – des collaborateurs seraient prêts à témoigner “pour enfoncer le clou”.

A suivre.

 

L.M.

 

*OPH66 : Office Public de l’Habitat des P-O. L’OPH66 gère un parc de plus de 11 000 logements à la location dans 130 des 225 communes des P-O !