-J’ai eu ce réflexe culturel et très habituel d’aller voir au Grenat vendredi soir une adaptation très particulière de « Roméo et Juliette »Â
Je suis une adepte des grands classiques, je regrette que les scènes modernes usent de peu de décors pour mettre les textes en relief, mais c’est toujours avec un réel plaisir que je redécouvre les textes shakespeariens au Grenat. J’ai vu « Richard III », et dernièrement « Macbeth » sans violence des décors ou des personnages mais conservant la beauté du texte.
Mais vendredi soir, sans a priori, je me suis installée dans mon fauteuil couleur rubis dans la certitude de me délecter d’écouter ce texte sublime à défaut de retrouver les décors et mise en scène « classiques » qui ont bercés mon enfance.
Quelle ne fut ma surprise, pire ma consternation face à cette libre adaptation électrique « symbole d’émancipation et de liberté » de la compagnie Eudaïmonia ?
Le metteur en scène a fait le choix de la diversité au service de la modernité : Roméo est une femme, le bal masqué cède sa place à la nuit chaude d’une boîte de nuit, des gestes vulgaires ont une fonction humoristique, desservant le texte et le jeu d’acteurs talentueux.
Que dire ? La scène moderne doit-elle revêtir cette forme pour être populaire et attirer la jeunesse ? Pardonnez-moi de m’interroger sur une programmation financée en partie par de l’argent public, d’avoir sans doute le défaut d’être tout juste cinquantenaire, d’être restée classique et d’oser penser qu’un des plus grands auteurs classiques de tous les temps puisse être adapté « en toute diversité » sans être dénaturé.
Stéphanie Trescases

