Chaque campagne électorale, hélàs, dans les Pyrénées-Orientales, apporte son lot d’agressions, de violences (verbales ou physiques), de bêtises aussi… On se souvient des années 80-90, etc., pas si lointaines que ça, où certains candidats étaient la cible de tracts anonymes odieux, nauséabonds, d’autres découvraient la façade de leur maison ripolinée de slogans douteux, haineux, d’autres encore les pneus de leur véhicule crevés, les pieds de vigne de leur exploitation tronçonnés… il y a même eu un attentat “façon Corsica” à Elne qui a fait exploser le véhicule d’un maire de Bages…

 

 

Aujourd’hui, désormais, les débordements – si l’on ose s’exprimer ainsi pour qualifier un certain climat politique local ambiant, couleurs sang & or -, ont lieu sur les réseaux sociaux. Fabrice Rallo, fils du maire de Saleilles (François Rallo), candidat lui-même à la succession de son père les 15 & 22 mars prochains, a dû déposer plainte à l’encontre de Jean-Philippe Beille, viticulteur à Cabestany, “pour diffamation, faux en écriture, cyberharcèlement et fausse allégation d’antisétisme”.

Fabrice Rallo reproche à Jean-Philippe Beille – tous les deux ensemble, comme quatre cents autres, étudiants à la faculté de Droit de Perpignan en 1997-1998, mais qui ni ne se connaissaient ni ne se fréquentaient -, d’avoir détourné pour partie le contenu d’un post de sa page Facebook, ce en lui attribuant des propos diffamatoires “Que je n’ai jamais tenus, dont je ne suis certainement pas l’auteur”.

Tout démarre donc d’un simple post sur Facebook, plus précisément sur la page du profil personnel de Fabrice Rallo, dans lequel il apporte son soutien à la crise agricole liée à la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) qui frappe notamment les P-O.

Un commentaire attire l’attention, détaille le candidat Rallo, celui de Jean-Philippe Beille, en date du 12 décembre 2025, qui déclare “à Saleilles, les Rallo, vous les aidez pas les Agriculteurs. Vous préférez enclaver leurs terrains, au profit de vos amis promoteurs (…) et construire des lotissements sur des parcelles que vous avez achetées une bouchée de pain…”.

A partir de là, tout va dégénérer. Fabrice Rallo demande à Jean-Philippe Beille de retirer ses propos, lui rappelant que ceux-ci relèvent de la diffamation, etc.-etc., tant ils sous-entendent de graves accusations et soupçons “en décrivant un système mafieux”.

Pire, selon lui : Fabrice Rallo va découvrir qu’un de ses post repris par et diffusé par Jean-Philippe Beille, a été trafiqué pour y introduire, notamment, une allusion antisémite, un écrit dont le fils du maire de Saleilles affirme – procès verbal de constat à l’appui de sa plainte – qu’il n’est pas et ne peut en être l’auteur. D’ailleurs, un document en sa possession, et qu’il a pu faire examiner officiellement, tendrait effectivement à démontrer que des mots auraient été incrustés, une phrase rajoutée, dans l’intention de lui porter préjudice.

Fabrice Rallo est formel : “M. Beille a menti, il a voulu me nuire !”.

De son côté, Jean-Philippe Beille se défend en disant : “Je ne comprends pas trop ce qu’il se passe. Désolé, mais je n’ai pas manipulé le compte Facebook de M. Rallo. Je ne suis qu’un simple vigneron à Cabestany. Je ne suis pas un spécialiste des réseaux sociaux. Cela me parait impossible de faire cela. Si vous lisez tous les échanges sur le mur Facebook de M. Rallo, entre lui et moi, on se rend compte qu’ils n’ont ni queue ni tête (…). Il semble que des commentaires ont été modifiés ou supprimés. Mais vu que c’est sur son mur Facebook, je ne sais pas trop quoi vous dire. Je ne suis pas un spécialiste des réseaux sociaux. Vous vous imaginez si on pouvait modifier les commentaires FB* d’autres personnes, ce serait l’anarchie… Par ailleurs, je lui demande même sur son mur Facebook des explications sur son commentaire et au lieu de dire “ce n’est pas moi qui ai écrit cela, etc.”, il ne répond pas…”.

Le problème est que Jean-Philippe Beille a diffusé – notamment auprès de la rédaction du site Ouillade.eu qui, et nous nous en excusons auprès de Fabrice Rallo et de nos lecteurs, en a publié une partie – le post litigieux, avec l’entête de la page FB de Fabrice Rallo et que ce dernier, lors de son audition à la brigade territoriale de la Gendarmerie à Cabestany, a formellement démenti – preuve à l’appui par constat d’huissier -, en être l’auteur.

La Justice écrira la suite.

 

L.M.

*Précisions. Dans le cas présent, l’auteur de ce faux en écriture aurait d’abord fait une capture d’écran de la page FB de Fabrice Rallo, puis il aurait incrusté des propos pour nuire à ce dernier et créer ainsi un nouveau post, malveillant, tout en conservant le profil de la victime, ici Fabrice Rallo.