*Philippe Benguigui, président national de l’association Zakhor pour la mémoire
Je prends la parole aujourd’hui pour dénoncer une dérive que nous ne pouvons plus ignorer. En effet, à Lyon, lors de ses récentes déclarations sur l’affaire Epstein, Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois franchi la lisière de l’inacceptable !! Il ne s’est pas contenté de commenter un dossier criminel
Il a insisté, avec une lourdeur calculée, sur la manière de prononcer le nom de ce trop célèbre criminel en suggérant que l’on dise : “Epstein” et non “Epstine”, pour bien marquer, selon ses propres mots, qu’il ne s’agissait pas d’un nom russe, mais d’une identité bien précise. Cet amalgame nauséabond, nous rappel les heures sombres de d’une France fasciste et antisémite qu’il fait renaître d’une manière contemporaine.
Pourquoi une telle obsession pour une sonorité ?
Pourquoi cette volonté délibérée de pointer du doigt une origine ?
Tout cela, pour suggérer, derrière le crime, une prétendue “solidarité de milieu” ou des réseaux d’influence occultes liés à une appartenance communautaire.
Ce n’est pas de la politique, c’est bien de l’antisémitisme pur et simple.
Nous savons que cette manière de désigner “le Juif” comme un membre d’une caste protégée par un pouvoir invisible est un poison.
En jouant sur les noms, en s’attardant sur les racines supposées pour expliquer le crime, Jean-Luc Mélenchon réactive les vieux fantasmes de l’entre-soi malfaisant.
Cette rhétorique n’est pas une maladresse : c’est un signal envoyé aux théories du complot les plus rances.
Car cette logique du “réseau”, cette obsession de l’argent et de l’impunité supposément détenus par les Juifs, nous savons par le sang où elle mène. Elle mène au pire.
Jean-Luc Mélenchon réunira ses troupes au palais des congrès de Perpignan, auprès du Monument aux morts, à côté de l’arbre planté en hommage à Ilan Halimi. Celui-ci est mort de cet antisémitisme que certains s’amusent aujourd’hui à réveiller par calcul ou par idéologie, en jouant lourdement sur les noms et les origines. Autour de cet arbre encore frêle n’oublions pas que s’attaquer à la dignité des uns, c’est mettre en péril la sécurité de tous.
Nous n’oublierons jamais Ilan, et nous ne laisserons jamais passer les discours qui préparent le terrain à de tels drames.
Zakhor. Souviens-toi. Pour qu’Ilan ne soit pas mort en vain, et pour que la République reste unie face à l’obscurantisme.
Philippe Benguigui, président national de l’association Zakhor pour la mémoire

