AgendaCulturePolitiqueSociété

Tribune Libre/ Claude Barate* : après la venue du pape Léon XIV…

Partager

*Claude Barate, député honoraire, universitaire

 

 

La culture chrétienne, source des valeurs démocratiques et républicaines… L’engouement populaire déclenché en France par la venue du pape Léon XIV, montre que la France n’est pas si déchristianisée que cela. Plus exactement cela montre qu’elle est en recherche de valeurs, qu’elle ne retrouve pas dans la société multiculturaliste qu’on lui propose. Elle recherche ces valeurs chrétiennes qui sont la source d’une vie commune apaisée : la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité

 

On peut ne pas croire en Dieu, contester la résurrection du christ, ou ne pas croire que Jésus est fils de Dieu et Dieu lui-même, mais force est de constater que nous vivons tous, sans exception, dans un environnement et une culture chrétienne.

Certains sont même persuadés que les concepts de liberté, d’égalité, de fraternité ou de laïcité sont apparus grâce aux révolutionnaires de 1789. Ils ne savent visiblement pas qu’il y a 2000 ans, un certain Jésus avait déjà, dans des messages d’une puissance inouïe établit les bases des démocraties modernes. Ils ne savent même pas que plus de trois siècles avant Jésus, le philosophe grec Aristote mettait en avant la nécessaire « amicalité » comme base de tout régime politique.

En effet, la fraternité de la constitution de la IIe République ce n’est que la transcription de l’amicalité d’Aristote, le précepteur d’Alexandre le Grand. Mais fraternité ou amicalité n’ont pas la force de l’amour du prochain.

Ces ignorants, à l’horizon culturel limité, ne savent pas que c’est Jésus qui a mis en exergue les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité, qui ont été reprises par les philosophes du siècle des lumières. Ces idées introduites par Jésus sont aujourd’hui à la base des valeurs démocratiques du monde occidental.

Liberté et égalité d’abord : elles résultent du commandement de Jésus « Aime ton prochain comme toi-même ».

Ce commandement, d’une force inouïe, apporte dans le monde romain une véritable révolution, il remet en cause la notion d’esclavage. On ne peut pas aimer son prochain comme soi-même et le garder en esclavage. Tous les hommes ont la même dignité humaine. C’est ce commandement qui est la source de la notion de liberté et d’égalité entre les hommes.

Il est aussi la source de la notion de fraternité mise en avant par les constituants de la IIème république.

L’égalité homme-femme ensuite :

Dans une intervention célèbre, Jésus estime que la femme est l’égale de l’homme. Il libère la femme des taches matérielles, la juge égale de l’homme et prépare ainsi son accès au pouvoir : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une chose est nécessaire et Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera pas ôtée ». (Luc, 10-38 à 41)

Marthe qui reçoit dans sa maison Jésus, s’occupe du repas pour tous. Elle se plaint auprès de Jésus, du fait que sa sœur Marie ne l’aide pas parce qu’elle est occupée à l’écouter.

En confirmant par ces propos le bon choix fait par Marie, Jésus fait rentrer les femmes juives dans le cercle privilégié du contact avec Dieu, alors que dans la culture religieuse juive seul l’homme était en capacité d’exercer ce privilège.

Enfin, la laïcité, et la séparation du spirituel et du temporel

C’est Jésus aussi qui, séparant le spirituel du temporel, établit le principe de laïcité.

Mais si, par son message d’amour, Jésus s’attaque au fondement de la société romaine, il sépare clairement le spirituel du temporel :
« Rends à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». (Marc 12, 13 à 17) De même lorsqu’il répond à Ponce Pilate « Mon royaume n’est pas de ce monde » (Jean 18, 33 à 38), il sépare bien le spirituel du temporel.

Il établit ainsi lui-même le principe de laïcité, autre fondement des démocraties libérales modernes.

Ce n’est donc pas un hasard si les démocraties du monde occidental et notamment celles de l’Europe s’appuient sur ces concepts.

Ils sont le résultat des racines judéo-chrétiennes et gréco-romaines de l’Europe, de cette humanité qui n’existe pas dans d’autres religions ou dans d’autres territoires.

Le pape Benoit XVI en a apporté une définition parfaite : « L’Europe, c’est la triple rencontre entre Jérusalem, Athènes et Rome, entre la foi au Dieu d’Israël, la raison philosophique d’Athènes et la pensée juridique de Rome. C’est là que réside l’identité profonde de l’Europe. »
C’est ce que le pape Léon XIV vient de rappeler dans son message à l’Europe prononcé à Metz. C’est cette humanité qui a été l’ossature d’un voyage apostolique qui a visiblement touché le cœur des Français.

Les autres grandes civilisations, la grecque, la chinoise n’ont pas développé une telle invention. Quant à la musulmane, elle ne sépare pas le spirituel du temporel, et donne la supériorité à la loi de Dieu, sur les lois des hommes.

Ces religions n’ont pas apporté à l’individu la liberté, comme le christianisme a su le faire. Pourtant celle-ci est le point de passage obligé du progrès technique et du développement économique.

A l’inverse, on voit bien que dans les pays d’obédience islamique, la démocratie n’existe pas. Tous ces pays ou presque, prônent la supériorité de la loi de Dieu, la charia, sur la loi des hommes, tempéré ici ou là par l’intervention du souverain qui en allège ou aggrave la supériorité.

 

Claude Barate