*par Claude Barate, universitaire, député honoraire

 

 

Je dois avouer que Donald Trup sait tenir la 1ère place médiatique. En l’espace de quelques jours, il a été tout à la fois guerrier, mystique, homme de lettres et homme d’affaires. Après avoir traité de nom d’oiseaux, la quasi-totalité de ses alliés, après s’être transformé en Jésus, dans une photo montage de l’intelligence artificielle (l’IA), et après avoir montré son intérêt pour le pétrole iranien, il n’a pas hésité à devenir un homme de lettre

 

Dans une phrase désormais célèbre « Putain de détroit, bande de tarés », il s’adresse aux dirigeants iraniens pour leur rappeler dans
quelle estime il les tient.

L’intérêt d’un Donald Trump, homme de lettres, c’est qu’il nous rajeunit avec un langage que l’on entendait dans les cours de récréation des
collèges ! Il est vrai qu’après avoir reçu une telle raclée militaire, Donald Trump s’attendait à une reddition de l’Etat terroriste. Mais surtout Donald Trump ne comprend pas que guerre ou pas guerre, l’Iran puisse bloquer le détroit d’Ormuz.

La guerre ne doit pas empêcher l’activité économique, et le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran portait en réaction le blocus naval et
l’étouffement de tout le Moyen Orient. L’homme d’affaire ne supporte pas d’être obligé de mettre fin au commerce pour arriver à ses fins.

Je ne sais pas si, comme l’affirme Donald Trump, les dirigeants iraniens sont des tarés ? Mais ce qui est certain c’est qu’ils se sont lourdement trompés sur leur capacité à maitriser la situation par un blocage du détroit. Leur erreur est incontestable. Les dirigeants français qui ont décidé de supprimer des centrales nucléaires pour répondre aux demandes de leurs alliés écologistes, sont tout aussi condamnables. Par leur comportement, ils ont réduit les capacités de la France d’avoir une énergie décarbonée pas chère. Ils ont réduit la compétitivité industrielle de notre pays pour une politique illusoire.

Ces dirigeants sont-ils « des tarés » suivant l’expression de Donald Trump ? Je ne le crois pas. Leur comportement est plus grave. Ce n’est pas par manque d’intelligence, mais par pure démagogie qu’ils ont choisi délibérément de priver la France de ce formidable potentiel. Ils préfèrent leur intérêt électoral à celui des français. Quelle lourde responsabilité porteront au ban de l’histoire ces petits démagogues.

Aucun des présidents successifs de la Ve république n’avait remis en cause ce formidable potentiel énergétique et industriel légué par le Général de Gaulle. Il a fallu que François Hollande arrive au pouvoir, en 2012, pour qu’il honore le pacte électoral établi le 15 novembre 2011 par Martine Aubry au nom du parti socialiste et Cécile Duflot au nom d’Europe écologie les verts (EE-LV).

Les Français ne doivent pas oublier le rôle actif mené par Ségolène Royal alors ministre de l’environnement et de sa directrice de cabinet
Elizabeth Borne. Ils ne doivent pas non plus oublier que lors de son 1er mandat, Emmanuel Macron et son 1er ministre Edouard Philippe ont détruit le site nucléaire de Fessenhein. Le fait qu’ils se soient aperçus lors du 2ème mandat, que c’était une faute majeure, que la souveraineté énergétique imposait de relancer la filière nucléaire qu’ils avaient eux même détruit, ne suffit pas à effacer leur faute.

En tous cas, il ne faut pas compter sur eux pour faire les bons choix. Bande de tarés, certainement pas. Mais bande de démagogues certainement oui. La démocratie n’a pas besoin de cela. Je fais mienne la citation d’Aristote : « La démagogie est la forme la plus corrompue de la démocratie ».

 

Claude Barate, député honoraire