*Suzy Simon-Nicaise, présidente nationale de la Fédération des Cercles algérianistes dit « Oui à l’inauguration d’une Esplanade Pierre Sergent à Perpignan »

 

Le maire de Perpignan et sa majorité ont a choisi de dénommer une esplanade au nom de Pierre Sergent. Cette décision semble irriter certains de nos concitoyens pour des raisons de méconnaissance sans doute de ce que fut le parcours de Pierre Sergent. Ou bien feignent-ils de le savoir pour des raisons idéologiques ou politiques ? Rappelons quand même que dès son adolescent Pierre Sergent participe au maquis de Sologne, et au corps franc « Liberté » décimé le 10 juin 1944 à la suite d’une trahison. Au sortir de l’école de Saint-Cyr, devenu un homme, il servira fidèlement la République que ce soit en Indochine où il sera blessé ou en Algérie. Il y prouvera encore son loyalisme en obéissant à Pierre Messmer, ministre des Armées qui, inspectant le P.C. de son régiment le 2 avril 1960, avait réitéré l’ordre présidentiel « de faire la guerre et de la gagner ».
Fidèle à sa conception de grandeur de la France, inspiré par l’attitude du général de Gaulle qui, en juin 1940 avait préféré poursuivre la lutte par d’autres moyens plutôt que de composer avec l’ennemi, Pierre Sergent, en son âme et conscience et sans la moindre ambition personnelle a préféré briser sa carrière et devenir un officier rebelle. Comme le modèle de sa jeunesse qui avait été condamné à mort le 2 août 1940, il sera condamné à la même peine le 21 février 1962 par une juridiction tout autant d’exception. En choisissant le combat clandestin, Pierre Sergent visait à défendre les populations européenne et musulmanes d’Algérie. Ceux-là même à qui le chef de l’Etat (Général De Gaulle) avait promis la paix en Algérie, ceux-là à qui ce général avait déclaré en 1958 « Je vous ai compris !… Je sais ce qu’il s’est passé ici. Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte en Algérie est celle de la rénovation et de la fraternité… »« … à partir d’aujourd’hui, la France considère que, dans toute l’Algérie, il n’y a qu’une seule catégorie d’habitants : il n’y a que des Français à part entière… »« … L’armée, l’armée française, cohérente, ardente, disciplinée… je lui rends hommage. Je lui exprime ma confiance… ». 

En choisissant la Résistance en France comme en Algérie, Pierre Sergent avait mis sa peau au bout de ses idées comme d’autres l’ont fait en d’autres temps… De sa condamnation à mort en 1962 il fut amnistié en 1968, ce que d’aucuns feignent d’ignorer, tout comme ils passent sous silence son élection de député en 1986, celle de conseiller régional et conseiller municipal de la ville de Perpignan.  Je ne suis pas surprise, le contraire m’aurait vraiment étonnée, que ceux qui condamnent aujourd’hui la décision du maire de Perpignan ne s’insurgent jamais contre les décisions de tous ces maires de communes françaises qui à tour de bras inaugurent des places et rues aux noms des militants du FLN qui ont revendiqué des actions meurtrières non ciblées, à l’origine de centaines de morts et de blessés parmi la population civile de toutes confessions en Algérie. Et je suis également indignée à la lecture du communiqué de Bruno Nougayrède dans les pages de L’Indépendant d’aujourd’hui car si les Pieds-Noirs et les Harkis ont certes vécu une tragédie dont les blessures soixante ans après ne sont toujours pas cicatrisées, ce n’est certainement pas à cause de Pierre Sergent qui avec d’autres s’est engagé pour que ces populations restent vivre sur leur terre natale « rénovée et fraternelle » comme leur avait promis le général De Gaulle. Quant à la comparaison avec Pétain, elle est extrêmement révoltante !

Suzy Simon-Nicaise