(Vu sur la Toile)

 

 

Jean, 81 ans, victime d’une vaste arnaque à Marrakech : vingt millions d’euros volés à des centaines de retraités
(Article de Myriam Reynaud • Rédaction Auféminin.com)

 

 

Auféminin.- Jean, 81 ans, fait partie des centaines de retraités victimes d’une vaste arnaque à Marrakech. Après avoir payé 500 euros pour un séjour, il perd finalement 7 500 euros. Le CDVAM estime les sommes dérobées à vingt millions d’euros depuis une quinzaine d’années.

Jean, 81 ans, vit dans le Val-de-Marne et pensait simplement réserver un séjour au Maroc avec son épouse. D’après le journal Libération, ce récit révèle l’existence d’une gigantesque arnaque aux multiples victimes. Elles sont aujourd’hui regroupées au sein du Collectif de défense des victimes d’arnaques à Marrakech (CDVAM). Selon le collectif, près de vingt millions d’euros auraient été dérobés depuis une quinzaine d’années. Les sommes réclamées restent variables selon les victimes. Jean aurait ainsi perdu 7 500 euros, tandis qu’un couple de Côte-d’Or aurait perdu 25 000 euros. Pour ces retraités, il s’agit souvent d’économies mises de côté pour améliorer leur quotidien.

Tout commence pour Jean en janvier 2025, avec une proposition particulièrement séduisante. Au téléphone, on lui annonce qu’il aurait été tiré au sort pour profiter d’une promotion. Une semaine à Marrakech lui est proposée pour cinq cents euros, avec une formule en demi-pension. Jean règle la somme, mais son séjour ne vient jamais. Plusieurs mois passent avant qu’il décide de déposer plainte. Il transmet alors le numéro utilisé et le nom de son interlocuteur. Les agences évoquées auprès des victimes changent régulièrement de nom. Elles comportent cependant toujours le terme « Travel ». Fin 2025, Jean reçoit finalement un nouvel appel annonçant que son voyage est prêt.

 

Une arnaque qui se poursuit une fois sur place

Avec Marie, son épouse, Jean part durant la première semaine de décembre. Leur contrat prévoit un « rendez-vous obligatoire » à leur arrivée. Un représentant doit leur présenter les avantages proposés par l’agence. Sur place, le couple rencontre finalement un chauffeur de taxi. Celui-ci les conduit à leur hôtel, moins prestigieux qu’ils ne l’imaginaient. Le cocktail de bienvenue annoncé n’est pas non plus organisé. L’intermédiaire leur propose surtout plusieurs excursions supplémentaires. Jean accepte une sortie pour cinq cents euros. Au moment de payer, il découvre pourtant que ce tarif s’applique à chaque personne. Le couple tente alors de résoudre le différend auprès de la police touristique marocaine. Les démarches restent cependant infructueuses.

Le dernier jour, un homme affirme représenter BGO Conciergerie et propose son aide. Jean est installé dans un bureau avec cet intermédiaire. Dans une autre pièce, Marie est prise en charge par une femme. Cette dernière lui propose une formule donnant accès à de futurs voyages à prix avantageux. Aucun règlement n’est demandé immédiatement. Elle affirme seulement devoir effectuer une « vérification de solvabilité ». Marie ouvre alors son application bancaire et lui confie son téléphone. Avec Wero, un simple numéro suffit pour désigner un nouveau bénéficiaire. Le virement peut ensuite être effectué très rapidement. L’approche du départ en avion ajoute une pression supplémentaire.

Des victimes confrontées à des réponses limitées

Après leur retour en France, les victimes tentent de récupérer leur argent. Les banques refusent toutefois de prendre les pertes à leur charge. Elles estiment que leurs clients n’ont pas suffisamment protégé leurs données de sécurité. L’Arcep affirme ne pas connaître les utilisateurs finaux des numéros concernés. Le CDVAM tente donc de rassembler davantage d’éléments. « Nous mettons à jour les photos des personnes, des lieux d’hébergement, des taxis ou des bureaux pour enrichir la base de données », explique le collectif.

Pour Jean, une nouvelle plainte doit prochainement être déposée. Son avocate, Charlotte Patrigeon, envisage d’ajouter l’abus de faiblesse à l’escroquerie en bande organisée. Selon elle, « les sommes ont été subtilisées suite à des manœuvres et sujétions psychologiques ». Dès 2022, le député M’jid El Guerrab avait déjà alerté le garde des Sceaux. « Tous les ans, des centaines de touristes français en visite à Marrakech sont victimes de fausses agences de voyages qui leur proposent des contrats fallacieux », déclarait-il. Il demandait : « Que compte faire l’Etat français pour que cesse ce scandale et que les victimes soient remboursées ? »

(Sponsorisé : Aufeminin)