(Communiqué)

 

 

“Par jugement du 9 avril 2026, le Tribunal correctionnel de Perpignan a reconnu M. Thierry Del Poso coupable de violences aggravées. Après dix années de procédure, cette condamnation était inévitable. Pourtant, je considère que cette décision est juridiquement incohérente et factuellement incomplète. Elle consacre, à mes yeux, une contradiction majeure : elle condamne, mais refuse d’assumer pleinement les faits qui fondent cette condamnation

 

Je conteste fermement l’appréciation qui a été faite du dossier, pour trois raisons principales.

 

-D’abord, l’absence de prise en compte du mobile et du contexte.

Les faits du 8 juillet 2016 n’étaient pas isolés. Ils s’inscrivaient dans un climat conflictuel ancien, nourri de pressions, d’insultes et de procédures judiciaires répétées, notamment autour de l’affaire du camping municipal « Al Fourty ». En faisant abstraction de ce contexte, le Tribunal prive sa décision d’un élément essentiel de compréhension. Cette omission altère nécessairement l’analyse de l’intention et la portée des faits.

 

-Ensuite, une appréciation contestable des conséquences médico-légales

Les blessures subies par mon mari ont été constatées, documentées et traitées. Pourtant, leur gravité a été minimisée, notamment par l’écartement de l’incapacité totale de travail initialement retenue. Je considère que cette position est en contradiction avec les pièces médicales versées au dossier et avec les principes applicables en matière d’évaluation du dommage corporel. Elle conduit à réduire artificiellement la gravité des faits et, par conséquent, la réponse pénale.

La question des conséquences sur son état de santé, alors qu’il est décédé quelques mois après les faits, a également été écartée sans analyse approfondie. Je ne prétends pas à une certitude scientifique, mais je regrette que cette dimension ait été évacuée.

 

-Enfin, une appréciation des preuves que je considère comme juridiquement fragile

Cette affaire n’est pas une parole contre une autre. Elle repose sur des éléments matériels et des témoignages précis.

La décision semble accorder un crédit à la prétendue constance des déclarations de M. Del Poso. Je la conteste formellement. Ses versions ont varié au fil du temps, tant dans leur contenu que dans leur qualification.

Surtout, les témoignages initiaux ont connu un revirement majeur : tous les témoins du maire se sont rétractés sous serment. Aucun ne confirme aujourd’hui une agression imputable à mon mari. Certains – dont le témoin principal – désignent clairement M. Del Poso comme seul auteur des violences.

Ce n’est donc pas une simple divergence d’appréciation des preuves. C’est, selon moi, une dénaturation de la portée des éléments de preuve.
Dans ces conditions, la peine prononcée — trois mois d’emprisonnement avec sursis — ne tire pas les conséquences juridiques des faits retenus. Elle révèle une discordance entre la déclaration de culpabilité et la sanction.

Je relève également le caractère manifestement insuffisant de l’indemnisation accordée au titre des frais de justice : 1 000 €uros pour plus de 27 000 €uros engagés en dix années de procédure. Une telle décision interroge au regard des exigences d’équité.

Au-delà de ma situation personnelle, cette décision pose une question plus large : celle de la capacité de la justice à reconnaître pleinement la réalité des violences lorsque leur auteur occupe une position de pouvoir.

M. Del Poso a donc été condamné à trois mois de prison avec sursis pour des violences commises sans mobile et sans conséquence. De ce fait, on comprend qu’il se soit gardé de faire appel.

Pour ma part, usant du seul recours que la loi autorise à la partie civile, j’ai interjeté appel de la condamnation civile”.

 

Isabelle Jouandet