Philippe Bottaioli, l’ex-préparateur de motos de compétition et pionnier en matière de tunning, prend le relais de son beau-frère hélas trop tôt disparu, Patrick Delaux, pour perpétuer la fabrication du couteau catalan…

Rien ne prédestinait Philippe Bottaioli à se lancer un jour dans la fabrication de couteaux. Bottaioli, lui, c’était plutôt les sports mécaniques, les vieilles voitures et les motos de collection… D’ailleurs, Bottaioli est surtout connu et reconnu en France et en Amérique latine pour ses multiples talents professionnels de préparateur moto, salué comme un véritable pionnier en matière de tunning.

Avec ces engins modifiés, relookés, Bottaioli a été cinq fois Champion de France, cinq fois Champion du Brésil, deux fois Champion d’Europe : avec ses amis Olivier Jacques – surnommé OJ, pilote de vitesse moto français qui a été champion du monde sur Yamaha dans la catégorie 250cc, en 2000 – André Maeda et la fameuse “Brazil Street”, une Suzuki de légende GSX-R 750cc de 1991 qui a tant marqué les esprits, l’époque, et qui continue d’être une sacrée référence dans les milieux “pro”…

Un manche incrusté du fameux Grenat catalan… Un bijou !

Alors, de là à l’imaginer, Bottaioli, entre aiguisage et polissage sur une lame de quelques centimètres… C’est pourtant ce qu’il fait aujourd’hui, quelques mois après le décès de son beau-frère, Patrick Delaux, connu et reconnu des deux côtés des Pyrénées, à cheval sur le Vallespir, le massif des Albères et l’Empordan, pour être l’un des derniers artisans à fabriquer le fameux couteau catalan.

A la demande de sa sœur, Véronique, qui était donc l’épouse de Patrick Delaux, toujours domiciliée au Racou, sur le territoire de la commune d’Argelès-sur-Mer, Philippe Bottaioli a récupéré plans, dessins, systèmes et petits secrets de fabrication pour relancer la production artisanale de modèles particuliers dont Patrick Delaux s’était fait le chantre en entretenant la tradition et l’identité. Avec lui, grâce à lui, le couteau catalan sur le sol roussillonnais restait le maître incontesté d’un certain art de vivre, face à l’Opinel et autres Laguiole.

Depuis le début de l’été donc, Philippe Bottaioli, à la tête de la société Delaux et Compagnie, s’est installé dans le chalet qu’occupait son beau-frère, sur le Marché artisanal estival, mitoyen du Parking Les Platanes, au cœur de la station balnéaire Argelès-plage.

Là, dans l’univers savamment entretenu de Patrick Delaux, où sa mémoire est intacte ainsi que l’esprit qui y souffle grâce à des articles de presse le concernant, grâce à des témoignages, et bien sûr grâce aux modèles de couteaux catalans exposés dans des vitrines, sur la devanture, tels des joyaux… comme ces modèles uniques qui se distinguent par le grenat catalan qui fait scintiller son manche et rivalise ainsi d’éclats avec la lame.

“Patrick créait à la commande, donc il n’y avait pratiquement pas de stock. Véronique, son épouse, ma sœur, a toujours suivi son travail de très près, partageant sa passion et son imagination”, explique Philippe Bottaioli. “En tout cas, cette reconversion me plait énormément, je trouve ce travail passionnant car tellement créatif, c’est vraiment très intéressant. C’est un tournant de ma vie !… Cela me permet aussi de me rapprocher de ma sœur… Maintenant, je vais essayer de faire évoluer l’histoire à ma sauce, tout en respectant les critères établis par Patrick dans la pure et noble tradition du couteau catalan”.