Dans le journal distribué par l’association Estagel 21, dont le président est Pierre Contet, nous apprenons que lors du dernier Conseil municipal, après la manifestation du 11 janvier à Estagel où nous étions « tous des Charlie », le maire a rappelé, « l’obligation de déclarer en mairie  toute manifestation sur la voie publique »Surprenant pour un ancien responsable syndical. Les adhérents de sa formation, n’ont certainement pas été appelés à descendre dans la rue bien souvent. Depuis que le syndicalisme existe, il y a ceux qui transportent des valises et ceux qui sont sur le terrain pour porter haut et fort la parole de leurs adhérents, des employés de l’usine ou du bureau. L’homme est ainsi fait. D’un côté les opportunistes bon teint et les autres qui font pour l’intérêt du plus grand nombre, dans le désintéressement le plus complet. Nous préférons essayer de nous situer dans le deuxième camp.

Tout en étant respectueux des lois de la République, nous ne sommes pas pour autant des légalistes. Lorsqu’une loi n’est pas bonne, il faut la changer. Elles sont faites pour çà. En 1789, les sans-culottes, ne sont pas allés demander l’autorisation à Louis XVI de prendre la Bastille. Louise Michel et les communards, descendant dans la rue les armes à la main, pour faire avancer l’utopie de la commune encore réelle de nos jours, n’ont rien demandé à Monsieur Thiers. Plus proches de nous, les Résistants de la dernière barbarie mondiale, n’ont pas fait allégeance à Pétain. Ils n’ont pas demandé son autorisation non plus, pour exécuter le premier officier allemand sur le territoire de la République. Ceci s’est passé à la station de métro qui porte le nom du jeune gars à qui avait été assignée cette lourde responsabilité. Nous voulons parler du Colonel Fabien. 

À la fin de 1999, dans notre village, après le désastre des inondations, nous n’avons pas attendu un accord ni n’avons fait de déclarations en mairie pour occuper la voie publique et gêner fortement la circulation. Mais peut-être un de vos adjoints vous a-t-il parlé de ce moment ? S’il ne l’a pas fait, il a eu tort. Une fois de plus il ne fallait pas jouer les pompiers. Ceux qui ont joué dans ce sens se sont trompés. Les preuves, sont les résultats. Les vignerons, la cave coopérative, ont pu mettre en place des dossiers qui ont permis à tous de reconstruire avec l’argent venu de subventions ainsi obtenues. Les chemins vicinaux, appartenant à la commune, ont été pour une grande part, goudronnés à ce moment-là. La cerise sur le gâteau, est venue du préfet nous disant lors de l’inauguration du passage à gué et de l’avenue Louis Vigo : « Sans vous, nous n’aurions pas vu l’ampleur du sinistre ». La liste des actions n’est pas exhaustive. Nous ne parlerons pas des barrages tenus sur la place publique, avec des tracteurs, pour protéger les VDN et autres vins qui assurent les revenus du bourg. L’image de marque vraie de notre village, est quand les citoyens luttent pour leur devenir. Nous ne rapporterons pas non plus, une manifestation viticole à Narbonne, dont un de vos adjoints été co-organisateur. Ce jour-là, un Catalan, un peu dérangé certainement, grâce à une échelle tenue à bras d’homme, a dépendu le drapeau européen accroché en haut d’un lampadaire place de l’Europe. Croyez-nous, le maire de cette ville n’était pas informé de cette action.

Plus profondément, nous pensons que la désobéissance civique, est un acte citoyen majeur et courageux. Alors, si nous devons manifester dans la rue, que les choses soient claires. Si les circonstances nous dictent d’agir vite nous le ferons. Nous n’attendrons pas d’avis, ni d’autorisation. Nous agirons en citoyens majeurs, responsables, vaccinés, qui n’acceptent pas de se laisser infantiliser. De n’importe quelle manière, pas de soucis à avoir sur l’ordre public. Les renseignements généraux seront au courant bien avant vous.

Décidément, nous ne vivons pas au même étage de cet immeuble qui porte le nom de France, qui porte le nom d ‘Estagel. Nous, nous utilisons les clés qui ont pour nom : liberté, solidarité, tolérance, fraternité. Avec ces clés, nous savons pouvoir ouvrir bien des portes. Nous n’allons pas nous priver de les utiliser. Soyez rassuré, nous les graisserons souvent pour les maintenir les plus efficaces possible, pour quelles ne grincent pas, risquant si tel n’était pas le cas, de déranger votre tranquillité”.