À travers ces quatre films, se dessine un cinéma exigeant et profondément contemporain, attentif aux corps des femmes, aux territoires et aux lignes de fracture qui traversent leur rapport au monde. Qu’il s’agisse de communautés isolées, de cadres sociaux contraignants, de vies en marge, chaque œuvre interroge les formes de domination, d’enfermement et de possible émancipation. Les cinéastes réuni.es ici partagent un goût affirmé pour des récits épurés, une mise en scène rigoureuse et une attention particulière portée aux silences, aux gestes et aux présences. Cet ensemble compose un paysage sensible et politique, où le cinéma devient un espace de résistance, d’observation et de trouble.

Vous trouverez comme d’habitude en p-j les dossiers de presse des films et les bandes annonces des films sur la page Facebook de IMAGOPUBLICA lien ci-dessous ou sur le site du Clap Ciné de Canet-en-Roussillon

J’ajoute à ce premier message de l’année mes vÅ“ux pour chacune et chacun d’entre vous : que cette nouvelle année sur cette planète inquiète et inquiétante vous soit cependant douce, bienveillante et généreuse en tout !

Guy-Claude Marie
IMAGOPUBLICA

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-VENDREDI 16 JANVIER

 

18H 30 : L’ENGLOUTIE

de Louise Hemon-24/12/2025/1h37
1899. Par une nuit de tempête, Aimée, jeune institutrice républicaine, arrive dans un hameau enneigé aux confins des Hautes-Alpes. Malgré la méfiance des habitants, elle se montre bien décidée à éclairer de ses lumières leurs croyances obscures. Alors qu’elle se fond dans la vie de la communauté, un vertige sensuel grandit en elle. Jusqu’au jour où une avalanche engloutit un premier montagnard…
D’une grande force sensorielle et poétique, ce film impressionne par son atmosphère singulière et sa rigueur esthétique. La nature devient un personnage à part entière. Œuvre immersive, elle traduit avec finesse la rudesse et la beauté des paysages et la tension silencieuse qui habite les corps et les regards.

 

21H 15 : QUE MA VOLONTÉ SOIT FAITE

de Julia Kowalski-24/12/2025/1h35/VOST Interdit – 12 ans
La jeune Nawojka, qui vit avec son père et ses frères dans la ferme familiale, cache un terrible secret : un pouvoir monstrueux, qu’elle pense hérité de sa défunte mère, s’éveille chaque fois qu’elle éprouve du désir. Lorsque Sandra, une femme libre et sulfureuse originaire du coin, revient au village, Nawojka est fascinée et ses pouvoirs se manifestent sans qu’elle ne puisse plus rien contrôler…
Face aux injonctions familiales, religieuses et sociales, une jeune femme tente d’affirmer ses choix et sa liberté. Le film adopte une mise en scène sobre et resserrée, attentive aux conflits intimes et aux rapports de domination. Porté par une direction d’acteurs précise, Que ma volonté soit faite frappe par sa densité et sa force morale. [Pour la réalisatrice « Que ma volonté soit faite devait être un film de boue, de sang, de chair et de feu. »] C’est un film âpre, rude, mais d’une inoubliable puissance !

 

-SAMEDI 17 JANVIER

15H : FUORI
de Mario Martone-3/12/2025/1h57/VOST
en compagnie de Jean-Jacques Bedu (NOSTRE MAR)
Rome. Années 80. Goliarda Sapienza travaille depuis 10 ans sur ce qui sera son chef-d’Å“uvre L’Art de la joie. Après un vol, incarcérée dans la plus grande prison pour femmes d’Italie, elle va y rencontrer voleuses, junkies, prostituées mais aussi des politiques. Après sa libération, elle développe avec l’une d’entre elle une relation qui lui redonnera le désir de vivre et d’écrire…
La mise en scène, discrète et attentive, capte les moments de suspension où naît le désir. Le film aborde l’exclusion avec une grande délicatesse. Une œuvre intime, sensible et profondément humaine.

18H : ANIMUS FEMINA
de Eliane de Latour-7/01/2026 /1h42
en compagnie du Groupe ornithologique du Roussillon représenté par Emy Debono-Bracco, diplômée d’un Master en écologie opérationnelle

et de l’Association “La Charbonnière” représentée par Alix Renard (Présidente), Docteure vétérinaire
Divisé en trois parties : 1-Tentatives/2-Chaos/3-Espoirs, cet essai filmique esquisse, à travers quatre destins de femmes, biologiste, vétérinaire, artiste, habitante des forêts, une polyphonie plurielle, visuelle et sonore, qui évite le piège du discours manichéen et invite à la réflexion, au dialogue intérieur…
La réalisatrice réussit à renouveler notre façon de regarder le vivant. Elle propose un regard profondément anthropologique et éthique, en plaçant l’humain comme l’une parmi d’autres espèces — non au-dessus, non en domination. Les cadres sont remarquables, le montage également et, s’agissant du son, la musique originale intimement liée à celle du vivant, contribue à cette respiration, à cette douceur qui enveloppe le film — faisant de Animus femina une expérience sensible, contemplative et de pensée.