(De notre envoyé spécial à Paris)
C’est ce mardi 3 février que les deux procureurs de la Cour d’appel de Paris ont rendu leurs réquisitions dans l’affaire dite « des assistants parlementaires du RN ». Sans l’ombre d’un doute, et comme l’audition de Louis Aliot nous l’avait laissé pressentir, ce deuxième procès se présente de meilleure façon que le premier pour le maire de Perpignan. Les réquisitions prononcées à son encontre sont en effet plus légères qu’en première instance (3 ans d’emprisonnement avec sursis, 8 000 euros d’amende et 3 ans d’inéligibilité). Surtout, et à l’instar de Marine Le Pen, c’est la mise à l’écart de l’exécution provisoire qui témoigne d’un assouplissement significatif de l’accusation
Pour le maire de Perpignan, candidat à sa réélection et favori des sondages, cela signifie tout simplement qu’il conserverait son siège de la Loge de mer dans tous les cas de figure (condamnation ou relaxe), si bien sûr les Perpignanais décident de lui renouveler leur confiance lors des élections de mars prochain. Car en cas de condamnation à une peine d’inéligibilité, il suffirait en effet à Louis Aliot de former un pourvoi en cassation pour écarter la menace d’une démission d’office.
Ainsi que l’intéressé l’a lui-même exprimé hier dans un communiqué de presse publié à l’issue de l’audience, il était peu probable « qu’un quelconque infléchissement des poursuites puisse être envisagé à ce niveau de la procédure ». Toutefois, il est clair que la sévérité de l’accusation a diminué d’un cran dans ces réquisitions d’un parquet se montrant à la fois plus mesuré dans le quantum des peines et défavorable à la mesure d’exécution provisoire en cas de condamnation.
Les réquisitions prononcées hier viennent indiscutablement asseoir encore un peu plus la pole position occupée par Louis Aliot parmi les différents candidats aux élections municipales de Perpignan. Ceux qui pensaient pouvoir spéculer sur son inéligibilité pour glaner un espace dans le débat politique perpignanais devront maintenant trouver autre chose, et cela paraît particulièrement difficile à une poignée de semaines d’un scrutin que beaucoup annoncent comme étant joué d’avance (pour ne pas dire plié).
En effet, on voit mal comment la Cour pourrait désormais se montrer d’une sévérité inouïe, en cas de condamnation, en allant au-delà des réquisitions prononcées hier pour retenir des peines plus lourdes que celles demandées par le parquet. Cela semble très peu probable dans ce dossier où aucun enrichissement personnel n’est reproché à Louis Aliot, tout comme aux autres prévenus, et où les plaidoiries de la défense vont sans doute venir emboîter le pas à ces réquisitions assouplies pour tenter de s’engouffrer dans ce qui commence à apparaître comme une brèche de l’accusation. C’est ce lundi 9 février que Maître Aurélia Grignon, l’avocate de Louis Aliot, s’avancera à la barre de la Cour d’appel de Paris pour plaider la relaxe de son client.
Rédaction de Ouillade.eu

