
Procès : Jeremstar face à la justice pour son action contre la corrida en pleine mise à mort
(L’influenceur est jugé pour avoir bondi dans les arènes de Nîmes pour protester contre le supplice d’un taureau)
Nîmes, hier, jeudi 2 avril 2026.– Il avait sauté dans l’arène pour dénoncer l’abjecte cruauté de la corrida, acte pour lequel il risquait jusqu’à un an de prison, mais aujourd’hui, c’est la tauromachie qui a été mise au banc des accusés. Jeremstar a comparu devant le tribunal de Nîmes hier après-midi, poursuivi, aux côtés de deux militants et de deux membres de PETA, pour avoir perturbé la corrida d’ouverture de la Feria des Vendanges, le 19 septembre 2025. Le délibéré a été fixé au 9 juin
Des centaines de personnes se sont rassemblées devant le tribunal scandant « Basta corrida » pour exprimer leur forte opposition à la tauromachie, représentant la majorité de la population française qui souhaite l’abolition de cette pratique cruelle.
Lors du procès (tenu au tribunal judiciaire de Nîmes, presque symboliquement face aux arènes où l’action s’est déroulée), Jeremstar portait un t-shirt arborant le message « Torturer des taureaux est un crime ». Au cours de l’action en collaboration avec PETA, l’influenceur s’était jeté dans l’arène après qu’un taureau a été poignardé à mort, brandissant une pancarte : « F*ck la corrida ! ». Il avait été violemment poussé à terre et traîné hors de l’arène par plusieurs hommes, puis arrêté par la police et emmené en garde à vue, où il est resté près de quarante-huit heures.
Mais comme l’ont expliqué les avocats de Jeremstar et des autres militants :
–« La corrida, en aucune façon, ne saurait être considérée comme un sport reconnu en France, » selon Maître Nguyen-Phung. « Elle est, pour l’heure, une exception de notre droit positif en ce qu’il réprime les sévices et actes de cruauté commis sur les animaux mais instaure, dans le même temps, une immunité pénale à la pratique de la corrida – ainsi qu’aux combats de coqs – au nom de la “tradition locale ininterrompue”. Cette singularité de notre droit français est aujourd’hui contestée par une majorité de citoyens puisqu’aussi bien 8 français sur 10 se revendiquent contre la corrida. »
–« Si défendre un animal en train d’être poignardé à mort est un délit, alors j’assume », déclare Jeremstar. « Rien ne justifie de torturer un taureau sous les applaudissements. Ce que j’ai vu ce soir-là m’a profondément choqué et je suis fier d’avoir agi pour braquer les projecteurs sur cette atrocité qui a encore lieu dans les arènes de France. Cette cruauté sanguinaire n’a pas sa place aujourd’hui. »
Alors que la majorité des Français se dit opposée à la corrida, ce procès relance une question brûlante : lesquels devraient répondre de leurs actes, les personnes qui dénoncent la violence, ou ceux qui la perpétuent ?
Lors d’une corrida, des hommes pourchassent un taureau terrorisé, l’attaquent avec des lances et des banderilles, et l’affaiblissent jusqu’à l’épuisement, avant qu’un matador vienne l’achever à l’arme blanche. Plusieurs tentatives sont parfois nécessaires et certains animaux sont paralysés mais encore conscients lorsqu’ils sont traînés hors de l’arène. Leurs oreilles ou leur queue sont parfois sectionnées pour être exhibées comme trophées.
Suivi par des millions d’abonnés sur les réseaux sociaux (2,5 millions sur Instagram, 2,2 millions sur Snapchat et 1,6 million sur Youtube), Jeremstar s’est déjà engagé à plusieurs reprises aux côtés de PETA : il a participé à une action contre les peaux « exotiques » durant la Fashion Week de Paris, à une manifestation devant une boutique Louis Vuitton avec un « serpent ensanglanté » et à des mobilisations contre Hermès et contre l’industrie de la fourrure.
PETA, dont la devise dit notamment que « les animaux ne nous appartiennent pas et [que] nous n’avons pas à les utiliser pour nos divertissements », rappelle que chaque animal est un individu et note que 75 % de la population française veut l’interdiction de la corrida. L’association appelle le public à écrire aux maires des villes taurines pour leur demander de prohiber ces spectacles sanglants sur leur territoire. Pour plus d’informations, rendez-vous sur PETAFrance.com ou suivez les dernières actualités de l’association sur Facebook, X ou Instagram.
A.P.


