(Communiqué)
-“Sans volonté d’instrumentalisation, l’affaire Lyhana met en lumière de multiples défaillances de nos services judiciaires. La Coordination Rurale partage à cet égard les constats formulés par le Syndicat de la magistrature : l’État doit donner à la Justice et aux forces de l’ordre les moyens nécessaires pour remplir des missions clairement définies et répondre aux drames humains qui frappent chaque jour nos concitoyens
Magistrats, policiers et gendarmes doivent être pleinement mobilisés au service de la protection des personnes et de la sécurité publique.
Partout en France, les violences contre les personnes se multiplient et ne constituent plus des faits exceptionnels, mais une réalité quotidienne. Dans les territoires ruraux, nous assistons à une dégradation progressive de la sécurité, marquée par l’implantation inquiétante du narcotrafic là où les services publics et la présence de l’État sont les plus faibles. Le crime organisé est devenu un véritable fléau qui mobilise des ressources considérables et entrave la capacité de nos services de sécurité et de justice à accomplir leur mission première : protéger les Français et prévenir de nouveaux drames. Les moyens du ministère de l’Intérieur et de la Justice doivent être prioritairement consacrés à la sécurité de proximité et au maintien de la cohésion sociale.
Or, depuis les mobilisations agricoles destinées à dénoncer un métier qui ne permet plus de vivre dignement de son travail, de nombreux exploitants ont subi une pression judiciaire et policière disproportionnée. Plusieurs adhérents de la Coordination Rurale ont été placés en garde à vue ou convoqués devant une justice particulièrement rapide lorsqu’il s’agissait de poursuivre des actions syndicales. Cette mobilisation des services de l’État contraste fortement avec le manque de résultats obtenus face à des phénomènes autrement plus graves, tels que le narcotrafic ou certaines formes de criminalité qui menacent directement la cohésion nationale.
Notre syndicat dénonce le fait qu’aujourd’hui, manifester sur la voie publique ou s’engager syndicalement peut conduire à des sanctions lourdes : retraits de permis, amendes importantes, inscriptions au casier judiciaire ou mise en fourrière de l’outil de travail. Pendant ce temps, ceux qui déstabilisent réellement nos territoires semblent bénéficier d’une attention bien moindre.
La Coordination Rurale condamne également l’acharnement administratif dont sont victimes de nombreux agriculteurs. L’État se montre souvent extrêmement réactif lorsqu’il s’agit de sanctionner la moindre erreur ou irrégularité dans le cadre d’une activité agricole : curage d’un fossé, entretien d’une haie, contrôles de l’OFB, pressions exercées à la suite de signalements associatifs ou de conflits de voisinage. Cette accumulation de procédures nourrit un sentiment d’injustice et de découragement dans le monde agricole.
Les moyens consacrés à la surveillance d’une profession déjà fragilisée ne manquent pas. En revanche, les services d’enquête et la justice peinent à faire face à l’explosion des défis sécuritaires auxquels notre pays est confronté. Ce déséquilibre est la conséquence de choix politiques assumés dont les gouvernements successifs et les parlementaires doivent répondre !
Plutôt que d’utiliser les préfets pour orienter l’action des procureurs et des magistrats à l’encontre des agriculteurs, le Premier ministre Lecornu ainsi que MM. Nunez et Darmanin feraient mieux de mobiliser les effectifs affectés à certaines missions de police environnementale afin de renforcer les brigades de recherche et les unités spécialisées dans la lutte contre les trafics.
Au-delà de l’écoute des magistrats confrontés quotidiennement aux réalités du terrain, la première mission de l’État est de garantir que la justice soit rendue de manière impartiale, indépendante et à l’abri de toute influence politique ou partisane !”.
Syndicat Coordination Rurale

