La délégation du Comité de Perpignan du Souvenir Français

 

En cette matinée du 18 juin, avait lieu devant le monument de la résistance et de la déportation du square Bir Hakeim, la commémoration de l’un des actes fondateurs de notre histoire contemporaine : l’Appel lancé en juin 1940 par le Général de Gaulle, depuis Londres, pour refuser l’abandon, pour refuser la résignation, pour refuser que la France cesse d’être la France

 

Hervé Damon et Bruno Bey entourant le Général Gilles Glin.

 

Cet appel, qui n’avait alors été entendu que par quelques-uns, est devenu, avec le temps, la voix de la dignité nationale, la voix de la liberté, la voix de l’espérance. Il a ouvert la voie à une Résistance plurielle, à l’unité retrouvée, et à la reconstruction de notre République.

Étaient présents, autour du Préfet Pierre Régnault de la Mothe, la sénatrice Loriane Josende, les députées Michèle Martinez et Sandrine Dogor-Such, Agnès Langevine, représentante du Conseil Régional, Jean Roque représentant le Conseil Départemental, et Louis Aliot, maire de Perpignan et président de l’Agglomération, le lieutenant-colonel Fabrice Chapuy, Délégué Militaire Départemental, monsieur Renaud Shouver, Directeur de l’ONaCVG 66, et monsieur. Jean Jacques Gondal, Président du Comité d’Entente.

Les directeurs des services départementaux s’alignaient au deuxième rang protocolaire. De nombreuses associations mémorielles et patriotiques étaient aussi sur les rangs comme le général Jean Philippe Lasvènes, délégué général départemental du Souvenir Français.

La lecture annuelle du message de Ia Fondation de la France Libre fut faite par le Délégué de Ia Fondation, et celle de l’Appel du 18 juin 1940 par des élèves dont le gagnant du concours national de la Résistance.

Le message de la ministre déléguée auprès du ministre des Armées, Alice Rufo, fut lu par monsieur Ie Préfet. On notait une large référence à Jeanne d’Arc :
« Le 10 mai 1942, à Londres, le général de Gaulle lui-même évoquerait la fille de Lorraine, sans pouvoir ni prestige : « Si la France trouva en elle-même, il y a cent ans, à l’appel de Jeanne d’Arc, la flamme nécessaire à son salut, elle peut aujourd’hui retrouver le même flamme «

Des gerbes furent déposées par les autorités. Celle du délégué de la France Libre avait la forme d’une croix de Lorraine !

Le comité de Perpignan du Souvenir Français était fortement représenté à cette cérémonie départementale. La délégation était conduite par le général Gilles Glin, président du comité de Perpignan.

Elle comprenait les vice-présidents, David Tranchecoste, Chantal Bruzi, Norbert Zablith, en charge du patrimoine mémoriel, Jean Louis Authié, Henri Roger, Aline Batlle, Claude Robert, et les deux porte-drapeaux, Bruno Bey et Hervé Damon.

 

 

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Discours prononcé à la radio de Londres le 18 juin 1940

 

-« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis. Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres. »

Charles de Gaulle