La proposition du nom « Pyrénées Catalanes » traduit une identité forte, profondément ancrée dans l’histoire et la culture d’une grande partie de notre département. Cette identité catalane est une richesse que nous respectons pleinement. Mais notre département est aussi fait de plusieurs histoires
Le Fenouillèdes possède une identité historique particulière. En 1258, le traité de Corbeil fixe la frontière entre le royaume de France et la Couronne d’Aragon : le Fenouillèdes se retrouve au nord, rattaché au Languedoc, tandis que le Roussillon demeure au sud.
Cette frontière marquera notre territoire pendant près de quatre siècles, jusqu’au traité des Pyrénées de 1659. Nos paysages et notre patrimoine en portent encore aujourd’hui la mémoire, notamment à travers les forteresses qui surveillaient cette ancienne frontière.
C’est finalement en 1790, lors de la Révolution française, qu’est créé le département des Pyrénées-Orientales, réunissant au sein d’un même territoire l’ancienne province du Roussillon et une partie du Languedoc, dont le Fenouillèdes. Notre département est donc, depuis sa création même, le rassemblement de plusieurs héritages historiques et culturels.
Le Fenouillèdes possède notamment un héritage occitan et languedocien, qui constitue encore aujourd’hui l’une de ses singularités.
Être réservé sur la proposition « Pyrénées Catalanes », ce n’est donc pas contester l’identité catalane. C’est simplement rappeler que celle-ci ne résume pas, à elle seule, toute l’histoire de notre département.
Catalan par une grande partie de son territoire, occitan et languedocien par le Fenouillèdes : notre département est riche de plusieurs identités.
Un nom commun doit pouvoir les respecter et les rassembler toutes. Ce nom existe déjà : Pyrénées-Orientales.
Préservons-le et concentrons collectivement notre énergie sur les enjeux prioritaires pour l’avenir de notre territoire et de ses habitants. Avec une participation limitée à environ 10 %, cette consultation semble également confirmer que le changement de nom ne constitue pas une priorité pour une large majorité de nos concitoyens.
Alexandre Villa
Habitant du Fenouillèdes, maire de Maury
