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Allemagne/ Le chancelier chancelle : Friedrich Merz au pied du mur après cette humiliation électorale historique

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(Vu sur la Toile)

 

Friedrich Merz au pied du mur après cette humiliation électorale historique en Allemagne
(Article de Timothée Barnaud • Rédaction du HuffPost)

 

Le Huffpost.- C’est lui-même qui a parlé de « désastre » en fin d’après-midi, et les résultats au fil de la soirée ne lui ont pas donné tort, loin de là. Le chancelier allemand Friedrich Merz a subi ce dimanche 20 septembre d’humiliantes défaites électorales régionales face à l’extrême droite et à la gauche radicale, remettant plus que jamais sa capacité à diriger le pays.

Ainsi, dans le nord-est du pays, au Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, son parti, la CDU, ne parvient pas à se faire élire à l’assemblée régionale, n’atteignant pas la barre éliminatoire des 5 %. C’est un séisme dans la vie politique allemande : jamais depuis 1945 le parti conservateur n’a été absent d’un parlement régional, dans un pays où les « Lands » disposent d’un pouvoir très important.

C’est encore le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) qui est arrivé en tête avec environ 38 % des voix, avec un bond électoral de plus de 21 % par rapport au dernier scrutin dans la région en 2021. Néanmoins, c’est une alliance de la gauche qui semble en meilleure position pour former l’exécutif régional.

À Berlin également, Friedrich Merz connaît une défaite importante. Si les scores ne sont pas du même ordre de grandeur, l’échec est d’ampleur car il s’agit de la gauche radicale Die Linke (25 %) qui est arrivée en tête devant la CDU (20 %), et est aujourd’hui en position de lui ravir la mairie. L’AfD est aussi en forte progression (environ 15 %) dans la capitale allemande.

Ces deux défaites s’ajoutent évidemment à celle du 6 septembre face à l’AfD dans une autre région de l’Est, la Saxe-Anhalt, qui avait déjà déclenché une vague de spéculations sur un départ prématuré du chancelier.

 

 

Une impopularité record

 

Le dirigeant allemand a voulu mettre fin au débat sur son avenir politique en soulignant devant les caméras dès dimanche soir qu’il restait « président de la CDU » et « chancelier ». Friedrich Merz, 70 ans, n’est au pouvoir que depuis 16 mois mais son impopularité flirte avec les 90 %, un record.

Il a néanmoins promis de maintenir le cap de ses réformes pour relancer une économie en pleine stagnation, en raison d’un manque d’innovation, de la concurrence chinoise, de dépenses sociales croissantes et de l’inflation des prix de l’énergie à cause des guerres en Ukraine et au Moyen Orient.

Mais la finalisation de ces réformes traîne du fait notamment de disputes avec son partenaire au gouvernement, le parti social-démocrate (SPD), et de désaccords au sein du parti conservateur.

À cela s’ajoutent des sorties jugées désobligeantes à l’égard de couches entières de la société, comme lorsqu’il reprochait aux Allemands de rechercher l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle.

 

 

L’AfD continue de jubiler

 

S’il est intervenu dès dimanche soir à la télévision allemande, chose exceptionnelle pour des élections régionales, c’est pour tenter de consolider sa position, selon le professeur de politique Oliver Lembcke, interrogé par l’AFP. C’est une tentative de « diriger en étant sur la défensive, d’empêcher qu’un débat sur la personne ne se déclenche », a-t-il estimé.

Le chancelier a lui jugé dimanche soir que ses réformes « sont l’antidote contre le poison de l’autoritarisme », référence à l’AfD, accusé de collusion avec les milieux néonazis.

« Merz a clairement confirmé le cap des réformes, liant ainsi encore davantage son avenir politique à leur réussite. Mais afficher sa détermination (…) ne remplace ni la capacité à s’imposer, ni des résultats concrets », estime le professeur Lembcke.

D’ailleurs, Friedrich Merz met régulièrement en avant les succès de son durcissement de la politique migratoire allemande, mais jusqu’ici, les électeurs partis à l’AfD ne sont pas retournés vers la CDU.

De son côté, le parti d’extrême droite jubile, lui qui désormais caracole aussi en tête des sondages nationaux, flirtant avec les 30 %, une dizaine de points devant la CDU. « Nous sommes la principale force (politique), nous avons atteint le milieu de la société », a-t-elle dit.

 

(Source : Le HuffPost)