Les restaurateurs argelésiens tirent la sonnette d’alarme. Avec un chiffre d’affaires en recul de -25 à 35% ! Et ils ne sont pas les seuls à s’inquiéter de la panne d’attractivité de la plus populaire des stations balnéaires du littoral occitan*. D’autres clignotants sont au rouge et pas les moindres, notamment dans l’hôtellerie de plein air, secteur d’activité essentiel dans le fonctionnement de l’économie locale, avec une cinquantaine de campings**. Certes, les facteurs pour expliquer ce phénomène ne manquent pas. Les professionnels ne mâchent pas leurs mots : “au cours de la dernière décennie la Municipalité a creusé sa propre tombe touristique, en faisant des choix complètement hors-sol !”

 

Grâce à un mois de mai plus que correct, s’agissant de la fréquentation, les acteurs du tourisme d’Argelès-sur-Mer pouvaient espérer un démarrage en fanfare de la saison estivale, édition 2026. Et pourtant… dès le mois de juin, l’ambiance s’est retournée, les choses se sont gâtées et, le pire, c’est que depuis le climat s’est dégradé, première quinzaine du mois de juillet comprise.

-“Même la clientèle traditionnelle, étrangère ou française, n’est plus au rendez-vous”, s’inquiète le propriétaire d’un camping historique de la station. “Ce n’est plus un agenda pour les réservations que je gère au quotidien, c’est un gruyère ! Tellement il y a des trous d’occupation de nos emplacements dans le planning. Je n’avais connu ça, surtout à cette échelle, et mi-juillet ! Rendez-vous compte que dans quarante-cinq jours la saison sera terminée. Mal de cap !”

Actuellement, selon les diverses plateformes de réservation en ligne, seulement deux tiers des campings d’Argelès-sur-Mer afficheraient complet… même si certains d’entr’eux proposent des tarifs nettement en baisse pour la saison, puisque allant jusqu’à -40%, par rapport à la même époque l’année dernière. Du jamais vu !

Certes, dans l’hôtellerie de plein air, comme d’ailleurs dans la restauration ayant pignon sur rue(s) à Argelès-sur-Mer, il existe des entreprises, des enseignes, bref de nombreuses exceptions où la réussite, le succès, sont au rendez-vous. Mais ce sont là des exceptions qui hélàs confirment la règle.

“Nous sommes passés d’un mois de juin décevant à un mois de juillet catastrophique”, s’inquiète un restaurateur. Il énumère les raisons, selon lui : “certes, il y a des phénomènes qui nous échappent, comme la flambée des carburants, les tensions sur les routes, le pouvoir d’achat en berne d’une partie de la population, la canicule et les incendies, notamment, et puis il y a ce que moi j’appelle les erreurs et les errements locaux. Je pense plus particulièrement aux parkings payants. Très sincèrement, comment peut-on maintenir une politique aussi absurde et injuste qui pénalise le touriste, notre source d’économie locale, où l’on doit payer pour aller sur la plage, pour aller au restaurant, pour aller faire du shopping dans les allées piétonnes… Les principaux parkings pour accéder au centre-plage sont payants de 9H à minuit, du 1er juin au 30 septembre. C’est aberrant ! Que dire encore du manque d’animations à la hauteur des attentes du public. Celles-ci, au fils des ans, ont fondu comme neige au soleil. Il n’y a plus qu’un grand concert pendant la haute saison estivale… et lorsqu’on annule un feu d’artifice (pour des raisons totalement compréhensibles), en revanche nous sommes incapables de réagir pour proposer d’autres moyens – et il en exite – d’animer la station… Cela s’appelle anticiper. Je ne jette la pierre à personne, je constate en toute simplicité”***.

Dans un tel contexte de chute des fréquentations, un observateur fin limier de l’activité économico-touristique locale prédit “un nombre de faillites inhabituel” pour la fin de l’exercice comptable en cours. Déjà, nombre de commerces sont à la vente, qu’il s’agisse du fonds ou des murs.

Allez, que tout cela ne nous gâche pas nos vacances ! Profitez à fond de cette belle ville d’Argelès-sur-Mer, les pieds dans le sable, avec le majestueux massif des Albères en toile de fond, baignée de soleil et qui grenouille d’activités diverses, notamment côté randonnées, à pied, à vélo ou à cheval ! Sans oublier ses légendaires marchés de plein vent artisanaux et de producteurs d’ici, qui rythment l’été au village, sur le port d’Argelès-sur-Mer et à la plage.

 

L.M.

*Avec, notamment, les stations balnéaires d’Agde et de La Grande-Motte dans le département de l’Hérault.

**Selon les sites de la mairie d’Argelès-sur-Mer, de l’Office de tourisme, de professionnels du secteur et autres références incontournables, la ville compterait “environ” entre 57 et 75 campings homologués.

***Nous nous devons de signaler que sur les réseaux sociaux nombre d’internautes critiquent sévèrement les tarifs pratiqués dans la station balnéaire (4€ une boule de glace, 4€ un verre de vin quelconque sorti du cubi, 6€ une gaufre…), entr’autres, car ils fustigent également le service dans certains restaurants.