Le Musée Maillol de Banyuls-sur-Mer présente cette année, du 26 juin au 31 décembre 2026, Maillol et la Grèce. A partir du voyage de Maillol en Grèce en 1908, cette exposition révèle les liens étroits qui unissent l’artiste à l’art de l’Antiquité grecque, grâce à un choix éclairant de peintures, dessins, sculptures, photos et estampes

 

C’est à un voyage méditerranéen auquel nous vous convions cette année, dans les pas d’Aristide Maillol. Cette exposition est consacrée aux liens que l’artiste entretient avec la Grèce et, plus largement, avec l’Antiquité. Au cœur de ce projet se trouve le voyage qu’il entreprend dans ce pays avec son ami et mécène, le comte Harry Kessler, du 25 avril au 3 juin 1908.

À travers un ensemble de sculptures, de dessins inédits, de peintures, gravures, d’archives et de photographies, nous proposons de faire revivre les différentes étapes de cette relation, depuis les premières références à l’art antique dans l’œuvre de Maillol jusqu’aux créations qui suivent ce séjour hellène.

Si Maillol ne se rend en Grèce qu’en 1908 – l’artiste est alors âgé de 47 ans – il serait toutefois réducteur de penser que cette rencontre constitue un point de départ. Son regard est en effet déjà profondément nourri par l’Antiquité, découvert notamment à travers ses années de formation à Paris, durant lesquelles il fréquente les cours de l’École des Beaux-Arts et visite souvent les collections du musée du Louvre. Il consulte également une multitude d’ouvrages et de revues sur le sujet. Et il est remarquable de noter comment l’artiste a relevé les profondes similitudes entre sa Catalogne natale et le pays grec : paysages, végétation, climat, lumière, musique, danses, costumes et
coutumes… « En arrivant, j’ai cru retrouver Banyuls ! C’étaient les mêmes maisons, le même moulin à vent. J’ai constaté que mon pays a le même dessin que la Grèce… Lorsque, en allant à Delphes, nous descendîmes à Itéa, j ’ai cru voir la baie de Banyuls et ses montagnes, en plus grand, mais avec une grâce semblable dans les contours ». Il lui arriva de rester des journées entières seul au milieu de ces paysages, en totale contemplation. Ce n’est pas un hasard si l’unique « journal » qu’il n’ait jamais tenu est son cahier « Notes d’un voyage en Grèce », lui qui détestait écrire, et exposé ici. Et que dire encore du prénom Aristide, d’origine grecque, signifiant « le meilleur »…

C’est à la suite de sa rencontre avec le comte Harry Kessler que cette relation à l’Antiquité s’intensifie. Figure cosmopolite du monde artistique européen, mécène, collectionneur et écrivain, Kessler découvre Maillol en août 1904 et se lie rapidement d’amitié avec lui. Séduit par la simplicité et la force de son travail, il lui achète dès cette première rencontre une statuette et lui commande une version monumentale de Méditerranée.

Dans le prolongement de cette relation naissante, les deux hommes entreprennent un voyage à Londres. Maillol y découvre les riches collections d’antiques du British Museum, et notamment les marbres du Parthénon. Il y trouve, selon ses propres mots, une véritable « éclaircie » dans sa compréhension de la sculpture.

Le voyage de 1908 agit moins comme une révélation que comme une confirmation : Maillol reconnaît dans la sculpture grecque les fondements mêmes de sa propre recherche, son attirance pour l’art grec archaïque, celui du VIe siècle avant Jésus-Christ, qu’il considérait comme le prolongement de la statuaire égyptienne qu’il vénérait. Il se reconnaît par-dessus tout dans la synthèse, la grande simplification formelle des figures, l’architecture équilibrée des compositions, un primitivisme que revendiquaient aussi les grands maîtres de son époque, Cézanne, Gauguin et les nabis, un retour aux sources premières pour mieux trouver leurs propres voies créatives. C’est pourquoi, nous présentons un choix significatif d’œuvres de Maillol, d’une part antérieures au voyage de 1908, puis postérieures, qui éclairent cette traversée dans l’œuvre de toute une vie, porteuse d’une permanence absolue de ces formes à la composition rigoureuse et sensuelle, qui narre une recherche plastique d’une constance obsessionnelle.

 

CARTON INVITATION MAILLOL ET LA GRÈCE