Le 8 mars dernier, nous célébrions la journée internationale des droits des femmes. Le 17 mars marque, lui, la journée nationale des aides à domicile

 

Le rapprochement de ces deux dates n’est sans doute pas un hasard heureux. Car à peine retombée l’effervescence des discours égalitaires, nous ne sommes pas enclins à parler du métier d’aide à domicile, exercé presque exclusivement par des femmes. Ne devrions-nous pas nous interroger ?

Par ailleurs, deux jours après le premier tour des municipales et déjà de nouveaux (ré)élus, les professions de foi se sont multipliées, les promesses aussi. Les discours évoquent volontiers la proximité, la solidarité, l’attention aux plus fragiles.

Mon propos n’est pas là de dénoncer des mots et les intentions, nuls doute qu’ils sont sincères, mais d’interpeller. En effet, derrière les projets politiques, la solidarité et l’attention repose chaque jour sur une réalité quotidienne, discrète, souvent invisible, fréquemment oubliée.
Les aides à domicile ne recherchent ni la lumière ni les honneurs. Leur travail se fait derrière les portes des maisons, au rythme de vies fragilisées par l’âge, la maladie ou le handicap. Elles aident à se lever, à préparer un repas, elles accompagnent à une sortie ou aux courses, elles soutiennent, rassurent, écoutent, …

Ce travail est essentiel. Et pourtant il reste trop souvent sous-estimé, parfois même méprisé. Comme si l’attention portée aux autres allait de soi. Comme si prendre soin devait rester confiné éternellement à une évidence domestique, d’où un métier de femmes, et presque jamais regardé comme une compétence professionnelle.
Il est en effet frappant de constater que les métiers de l’accompagnement à domicile continuent d’être parmi les moins reconnus socialement et économiquement. À l’heure des grandes déclarations sur l’égalité entre les femmes et les hommes, cette réalité mérite d’être regardée avec lucidité.

Dans le même temps, les évolutions technologiques nous donnent parfois l’illusion de pouvoir tout remplacer, notre aspirateur se déclenche en notre absence, lumières et climatisation se pilotent à des kilomètres de chez soi, le robot culinaire peut nous faire croire, le temps d’un dîner, que nous sommes devenus chef étoilé, mais une chose demeure : la présence.

C’est une certitude qui reste irréductiblement humaine, sans présence bienveillante et aidante, il n’y a pas de politique de maintien à domicile.
Alors, en cette journée nationale des aides à domicile, au-delà des discours et des intentions, il reste peut-être simplement à dire ce qui devrait être évident.

Bravo et merci”

 

Frédéric Vandamme, Directeur de l’ASSAD Argelès-sur-Mer (Service Autonomie à Domicile Aide et Soins)