(Communiqué)

 

 

 

-“Soutenir l’agriculture paysanne pour rester dans la trajectoire +1,5°C

Le constat du GIEC est une nouvelle fois sans appel ; la situation est alarmante.

Les engagements pris par les États dans la foulée des accords de Paris en 2015, devraient au mieux permettre de limiter le réchauffement climatique à + 3°C, mais, au rythme actuel, l’horizon se situe plutôt vers + 4°C ou + 5°C.

Il est encore possible d’atteindre l’objectif de + 1,5°C en réduisant de moitié les émissions de CO2, dès aujourd’hui et pour longtemps et à l’échelle planétaire.

Aussi, pour répondre à cette urgence, l’Agriculture Paysanne apporte de nombreuses solutions permettant de réduire les émissions agricoles et adapter le secteur au changement climatique :

– parmi les leviers d’atténuation, revenir à un élevage paysan en lien avec le sol, le territoire et les besoins alimentaires ou encore

– réintroduire la polyculture-élevage pour limiter l’utilisation des engrais de synthèse fortement émetteurs de gaz à effet de serre.

– pour s’adapter au changement climatique, opter pour des pratiques économes en eau, développer l’agroforesterie, diversifier les productions et les espèces animales et végétales,

– développer la souveraineté alimentaire en soutenant la relocalisation de la production.

Les politiques publiques sont essentielles pour accompagner cette nécessaire évolution. On ne peut que déplorer le manque d’ambition de la loi “Climat et Résilience” et espérer un sursaut de responsabilité pour que la finalisation de la PAC prenne ces enjeux à bras le corps avec une architecture environnementale forte et des mesures agri-environnementales et climatiques permettant d’accompagner les fermes qui doivent impérativement changer.

Enfin, il est urgent de s’attaquer au modèle économique actuel destructeur du revenu paysan : urgence écologique et sociale sont liées et les réponses à apporter ne peuvent être dissociées. Ainsi régulation des marchés et maîtrise des volumes sont essentielles pour redonner de l’autonomie et des moyens au monde agricole afin de mettre en œuvre les évolutions. La nécessité de s’attaquer aux causes du dérèglement impose d’abandonner les fausses alternatives comme la méthanisation industrielle, les agrocarburants ou encore la compensation carbone qui ne sont qu’un leurre pour pallier la faiblesse des revenus agricoles sans inciter aucunement à la réduction de CO2″.