Les chiffres du chômage publiés pour mars 2026 confirment les difficultés persistantes de notre territoire. Dans les Pyrénées-Orientales, plus de 59 000 demandeurs d’emploi sont aujourd’hui inscrits en catégories A, B et C. Sur le territoire de Perpignan Méditerranée Métropole (PMM), la hausse atteint +3,5 % sur un an, tandis que Perpignan compte à elle seule près de 17 700 demandeurs d’emploi

 

Face à cette réalité qui touche tout le pays, nous devons sortir des discours abstraits et agir concrètement pour relancer l’activité économique et défendre l’emploi local.

Depuis trop longtemps, les entreprises, artisans, commerçants et porteurs de projets se heurtent à une accumulation de réglementations, de procédures kafkaïennes et de contraintes foncières devenues excessives.

Cette situation est notamment aggravée par la multiplication de normes d’urbanisme et environnementales telles que la ZAN (Zéro Artificialisation Nette), qui rigidifie fortement les possibilités d’extension ou de création de nouvelles zones d’activités.

Dans les faits, les collectivités disposent aujourd’hui de marges de manœuvre de plus en plus réduites pour accueillir de nouvelles entreprises, y compris des projets prometteurs dans les domaines de l’industrie, des nouvelles technologies ou de l’innovation. Les contraintes liées à la planification foncière, à la compensation de l’artificialisation et aux procédures environnementales prolongent les délais et réduisent la capacité d’anticipation des territoires.

À force d’empiler ces règles — ZAN, procédures d’évaluation environnementale complexes — on finit par empêcher les territoires de se développer, d’accueillir des activités productives et de répondre à la demande d’emplois locaux. Des entreprises susceptibles de créer des emplois qualifiés et durables renoncent parfois à s’installer faute de foncier disponible ou en raison de délais administratifs incompatibles avec les réalités économiques.

Cette logique doit changer.

Notre territoire a besoin d’espaces pour produire, entreprendre, recruter et se développer. Il ne peut y avoir de politique de l’emploi ambitieuse sans capacité foncière suffisante pour accueillir des activités économiques, des PME, des industries et des entreprises innovantes.

Chaque projet retardé pendant des années par des procédures interminables représente des emplois perdus, des recettes économiques en moins et des opportunités manquées pour notre jeunesse.

Dans la perspective des prochaines échéances électorales, nous devons engager un véritable travail de simplification : identifier les normes devenues disproportionnées, alléger les contraintes qui freinent l’activité et redonner de la souplesse aux territoires pour accompagner le développement économique.

La répartition des compétences entre collectivités mérite également d’être repensée. La compétence des aides aux entreprises, aujourd’hui exercée par la Région, pourrait être confiée aux intercommunalités afin de favoriser davantage de proximité, de réactivité et de lisibilité dans l’accompagnement économique des territoires.

La relance économique passera par davantage de liberté d’entreprendre, une meilleure maîtrise du foncier économique, des décisions plus rapides et une administration qui accompagne au lieu de freiner”.

 

Louis Aliot (RN), maire de Perpignan, président de la communauté Urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM)