(Ecoute discours Pétain, rentrée scolaire 1941)
L’école pendant la 2e guerre mondiale (1939-45) : un enjeu tant pour le régime de Vichy que pour les Résistants…
On ne peut comprendre la volonté de reprise en main de l’Ecole par le Maréchal Pétain que si on a une idée claire de la situation scolaire à la fin des années 30 : une école primaire omniprésente où des instituteurs inculquaient à leurs élèves outre les bases de français et de mathématiques, l’amour de la patrie indissolublement associée à la République laïque et à ses les valeurs de liberté, de fraternité et d’égalité. Toutefois, ce système scolaire était contesté, à la fois par la droite catholique et par les progressistes : les disciples de Célestin Freinet et le d’Ecole moderne tel Louis Torcatis au plan pédagogique et les partisans d’une Ecole unique désireux de permettre la démocratisation de l’accès à l’enseignement secondaire.
On comprend alors mieux que le très réactionnaire Maréchal Pétain ait supprimé les écoles normales, épuré le corps enseignant des mal pensants et des Juifs, censuré et réécrit les programmes, envisagé de réintroduire le catholicisme, instauré un culte de la personnalité digne de Napoléon Ier et de son catéchisme impérial.
Mais la volonté du Maréchal de formater les jeunes par le biais l’Ecole, des publications ciblées et de diverses structures (les chantiers de Jeunesse en particulier), se heurta aux difficultés matérielles dues à l’Occupation et à l’hostilité grandissante des enseignants. Quant au culte du Maréchal, l’instauration du Service du Travail Obligatoire lui fut fatale.
Les projets pour l’école établis par les organisations de Résistance et, en particulier, par le Syndicat National des Instituteurs clandestin, furent synthétisés, au lendemain de la Libération, par la commission présidée par Paul Langevin, puis Henri Wallon. Mais, ses recommandations furent mises aux oubliettes suite à l’éclatement du gouvernement tripartite en 1947. On revint quasiment à l’Ecole de la III° République et la démocratisation de l’accès au savoir et le renouveau pédagogique généralisé tant espérés, furent remis à plus tard.
C’est ce combat pour rendre « l’école gaie aux enfants du peuple » (titre d’un recueil de chansons Louis Tocatis) que l’historien Georges Sentis évoquera le vendredi 22 mars, à 14H 30, à la salle polyvalente (place Jean Rolland) à Saint-Génis-des-Fontaines