*par Claude Barate, universitaire, député honoraire

 

 

-“Je dois saluer les approches logiques de LFI. A l’occasion du drame qui vient de frapper, à Lyon, le jeune Quentin, de nombreuses voix se sont élevées en France. Elles marquent leur émotion de la mort tragique d’un jeune homme de 23 ans tué sauvagement pour ses opinions

 

Les dirigeants de LFI eux aussi ont été touchés. Mais pas par la mort de ce jeune homme, peut être parce qu’ils pensent qu’il n’a eu que ce qu’il méritait. Non, ils sont touché par le fait qu’une large majorité de Français les rendent responsables moralement de cette mort.

Que des membres de la Jeune Garde aient pu commettre ce crime, ne pouvaient que les toucher.

L’enquête nous dira si ce lien entre les auteurs du crime et la Jeune Garde est suffisamment fondé. Mais le fait que les trois assistants parlementaires du député LFI, fondateur de la Jeune Garde, soient eux-mêmes impliqués dans l’acte criminel, ne peut manquer d’interroger. Qu’ils soient à Lyon, loin de leur lieu de travail habituel dans la circonscription de leur député, (dans la Vaucluse), ou à l’Assemblée Nationale,(à Paris), ne peut manquer d’interroger les enquêteurs sur les missions dévolues par leur employeur à ses assistants
parlementaires.

Qui leur a demandé d’être présents à Lyon ? quelle était leur mission ?

Ils sont normalement employés et payés par l’Assemblée pour aider les parlementaires, en circonscription ou à Paris.

Cela ne vous rappelle pas quelque chose !

Il reste que les dirigeants de LFI ont été fermes face aux critiques et aux accusations portées par la multitude. Peu de temps auparavant Jean-Luc Mélenchon avait soutenu avec la force qu’on lui connaît, le caractère d’allié de la Jeune Garde.

L’ensemble des dirigeants LFI allait-il dénoncer une alliance désormais encombrante ? Pas du tout, droits dans leurs bottes, les dirigeants de LFI ont suivi comme un seul homme, leur ayatollah Mélenchon : la Jeune Garde est un allié de LFI, elle le restera.

Il faut dire que pour les insoumis, la Jeune Garde fait partie des outils essentiels de la prise de pouvoir révolutionnaire. Mélenchon est suffisamment intelligent pour comprendre que les urnes ne lui donneront pas le pouvoir. Ce qu’il veut, c’est être le principal opposant à la formation de droite à qui le peuple donnera le pouvoir en 2027.

Et s’il peut choisir, pour mener à bien son dessein, il préfèrerait que l’adversaire à combattre soit le RN. Il pourra alors déclencher l’action révolutionnaire qu’il a lui-même théorisée : « L’hégémonie politique a un préalable : il faut tout conflictualiser… pour transformer un peuple révolté en un peuple révolutionnaire. » Discours lors des présidentielles de 2012.

La stratégie est dévoilée :

il faut créer le chaos, bloquer le pays et à l’occasion essayer de prendre le pouvoir. Autant dire qu’on ne peut pas compter sur lui, pour apaiser une situation, trouver des solutions pour régler un problème ou un conflit.

Non, son jeu, c’est au contraire de créer le plus de conflits possibles, identifier les minorités et les dresser contre la majorité ou le pouvoir en place. En fait, il ne cache pas son objectif final qui est l’hégémonie politique, c’est-à-dire la mise en place d’un pouvoir de type révolutionnaire comme ceux d’Amérique latine, le contraire exact de la démocratie.

Mais pour cela, il faut un corps de combat : C’est le rôle dévolu à la milice de la Jeune Garde. Imagine-t-on les ayatollah iraniens rester au pouvoir sans « les gardiens de la révolution » ? C’est leur police politique, c’est la gestapo ou le KGB. C’est pour cela que LFI ne veut pas de la police-gendarmerie républicaine. Ce qu’elle veut lorsqu’elle sera au pouvoir, c’est sa police politique, pour imposer son dictat.

Certes, les dirigeants LFI ne manqueront pas de dire que tout cela est du fantasme : « La Jeune Garde a pour mission de lutter contre le fascisme ». D’ailleurs, la preuve en est apportée par Manon Aubry, elle-même : « Si la Jeune garde est antifasciste, c’est que les fascistes existent » ! Il suffisait d’y penser, la preuve est irréfragable : si demain, vous créez une association contre les extraterrestres, c’est que les extraterrestres existent !

L’argument est tellement fort qu’il vaut mieux en rire.

De l’argument, pas du projet !”

 

*Claude Barate, universitaire, député honoraire