Le CML (Centre Méditerranéen de Littérature d’André Bonet) a eu le plaisir et la joie d’’accueillir hier Yann Moix, récent lauréat du prix Renaudot pour « Naissance » son dernier roman paru chez Grasset.

La rencontre/Lecture s’est déroulée hier mercredi 18 décembre à 18h, à l’hôtel Pams à Perpignan, et était co-animée avec André Bonet, président du CML, et Me Maurice Halimi, adjoint à la culture de Perpignan.
Après plusieurs années passées dans le journalisme, Yann Moix se lance dans l’écriture de romans.
Dans les années 90, il publie Jubilations vers le ciel, Les Cimetières sont des champs de fleurs et Anissa Corto, ouvrages qui mettent en lumière un sens de l’observation aigu des moeurs de la société actuelle. En 2001, il s’essaie à la réalisation avec un court métrage intitulé Grand oral et dans lequel s’illustre Julie Depardieu.

Il ne lui faut pas moins de trois ans pour adapter sur grand écran son roman devenu culte, Podium, avec dans le rôle de Bernard Frédéric, sosie de Claude Francois, l’inénarrable Benoît Poelvoorde. Cette comédie populaire vaudra à Yann Moix d’être nommé en 2005 au César de la Meilleure première oeuvre de fiction. Après quelques déconvenues comme le désengagement à la dernière minute de Benoît Poelvoorde, l’écrivain-cinéaste parvient en octobre 2007 à mettre en chantier son nouveau projet, Cinéman, avec dans le rôle-titre Franck Dubosc. En 2009, année de sortie du film, Yann Moix publiera un autre livre, Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson, cette fois-ci dédié à la célèbre icône de la pop anglo-saxonne…
Son dernier roman Naissance (Grasset  n’est pas un livre, ni un objet littéraire comme les autres, texte énorme tant par son longueur que par le sujet traité, celui de la filiation, texte qui oscille entre le génial et le grotesque, qui frappe le lecteur par ses fulgurances, son alternance de lyrisme et de trivialité. On la rencontre avec Yann Moix qui a attiré une centaine de lecteurs conquis fut passionnante. La parole à l’auteur : « La naissance ne saurait être biologique : on choisit toujours ses parents. Naître, c’est semer ses géniteurs. Non pas tuer le père, mais tuer en nous le fils. Laisser son sang derrière, s’affranchir de ses gènes. Chercher, trouver d’autres parents : spirituels. Ce qui compte, ce n’est pas la mise au monde, mais la mise en monde. Naître biologiquement, c’est à la portée du premier chiot venu, des grenouilles, des mulots, des huîtres. Naître spirituellement, naître à soi-même, se déspermatozoïder, c’est à la portée de ceux-là seuls qui préfèrent les orphelins aux fils de famille, les adoptés aux programmés, les fugueurs aux successeurs, les déviances aux descendances. Toute naissance est devant soi. C’est la mort qui est derrière. Les parents nous ont donné la vie ? A nous de la leur reprendre. Le plus tôt possible. »