Selon une étude IPSOS parue l’année dernière, 37% des Français préfèreraient partir en vacances au mois de septembre. Retraités actifs, couple sans enfants : pour ces touristes, les « Septembristes », le mois de la rentrée scolaire présenterait de nombreux avantages – la météo, la baisse de fréquentation, les tarifs pratiqués dans les locations saisonnières et l’hôtellerie de plein air, etc. -, en revanche, pour les résidents permanents, « à l’année », cette clientèle représente un véritable cauchemar, à tel point que nous en sommes à regretter les Aoûtiens !
A quoi reconnait-on un « Septembriste » ? A son clébard ! Dans ma rue, dès les premières minutes du lever du soleil, c’est la grande parade matinale : sexagénaires, septuagénaires, en couple ou en solo, ils se précipitent vers le bois de Pins pour y laisser pisser leurs molosses, ou plutôt leurs roquets, qui aboient en permanence, au point que même le bruit de la balayeuse et/ou des éboueurs devient inaudible.
Naturellement, ça chie partout, en beuglant, en jappant, en bramant, et je ne vous raconte pas le grabuge lorsque deux chiens se croisent. C’est la meute en furie. Même les fenêtres double-vitrage cadenacées, il est impossible d’échaper à cette kermesse héroïque !
Les propriétaires canins – souvent bizarrement très ressemblant à leurs chiens – s’en fichent comme de l’an quarante. Pas la peine de leur dire de ramasser les crottes de leur progéniture ou de fermer leur gueule, ils vous font signe qu’ils sont malentendants, sourdingues… ah la vieillesse, comme disait le Grand Charles, « Quel naufrage » ! SVP, offrez-leur un chat, puisqu’ils ne savent pas s’occuper de leur cabot, non d’un chien !
Mais il n’y a pas que dans ma rue, dans mon quartier, que la génération « Royal Canin » s’affiche bruyamment et de manière odorante, elle s’ancre aussi pour marquer son territoire dans le sable sur la plage Nord, où d’ailleurs, soit-dit en passant, les sauveteurs font mine de fermer les yeux lorsque des anciens débarquent avec leurs toutous, ce malgré l’interdiction clairement signalée par affichage !
C’est d’ailleurs à se demander s’il y a un seul élu de la nouvelle-ex Municipalité d’Argelès-sur-Mer qui réside à Argelès-plage. Sans parler des cyclotouristes-pépères-cabotins qui trainent derrière eux, tel un chariot de Noël, une poussette avec toutou dedans. Parfois même deux à l’intérieur !
Enfin, même au restaurant, plus particulièrement en terrasse, il est impossible de farnienter en mode pause apéritive, sans qu’un boomer (et c’est un boomer qui vous le dit) s’y installe avec son clebs qui défraye la chronique dès qu’un pigeon atterrit.
Décidément Dieu que l’époque a changé. En mal !
L.M.
