Les élections pour la gouvernance de la seconde intercommunalité du département par son importance démographique et économique – la communauté de communes Albères – Côte Vermeille – Illibéris (CC-ACVI) – qui ont eu lieu dans la soirée du Vendredi Saint (comme par hasard !), laissent un goût amer, aux élans et relents (toute proportion gardée, il va de soi) de Nuit des longs couteaux, même s’il n’y a pas eu mort d’hommes et c’est heureux…
Ce soir-là , Grégory Marty, maire de Port-Vendres, conseiller départemental, a été brillamment élu pour succéder à son “papa” politique, Antoine Parra. Belle victoire. Y’a pas photo, comme on dit dans ce genre de succès. Il est arrivé huit voix devant son concurrent (sur les 50 délégués communautaires), Yves Porteix, maire de Sorède. Il ‘y a donc aucun doute s’agissant du vainqueur, nous n’y reviendrons pas.
Plus surprenante, voire plus inquiétante, est la suite qui a conduit au casting de la gouvernance, laquelle au final semble reposer sur une colonne vertébrale des plus fragiles, en tout cas un soupçon “fol’dingue”…
Premier à s’en inquiéter et à réagir : Steve Fortel, maire d’Elne estampillé “d’extrême droite” élu à la 3e vice-présidence de la CC-ACVI, et qui souligne dans un communiqué de presse : “En tant que maire d’Elne, je tiens à dénoncer clairement la tentative de déstabilisation orchestrée par André Trives, élu d’opposition, avec le soutien de Nicolas Garcia*, à l’occasion de l’élection des vice-présidences de la communauté de communes. En se portant candidat contre toute logique et en rupture avec les usages républicains, André Trives a fait le choix de s’opposer frontalement au message pourtant limpide des électeurs illibériens lors des dernières élections municipales. Cette candidature n’avait qu’un objectif : affaiblir la place d’Elne au sein de l’intercommunalité. Chacun aura compris qu’il ne s’agissait ni d’une démarche d’intérêt général, ni d’un engagement au service du territoire, mais bien d’une manÅ“uvre politique portée par des logiques personnelles et partisanes. Ces pratiques d’un autre temps n’ont plus leur place dans la vie publique locale. Les élus communautaires l’ont d’ailleurs compris en m’accordant leur confiance pour la troisième vice-présidence, et je les en remercie. Alors qu’Elne a fait le choix du rassemblement et de l’apaisement, certains persistent dans des stratégies de division. Je le dis avec gravité : ces tentatives de fracture vont à l’encontre des intérêts des Illibériens (…)”.
On comprend d’autant mieux et d’autant plus la colère de Steve Fortel que, sans l’apport de ses six voix (le poids de son équipe municipale dans la 2e ville la plus peuplée du territoire) dans l’escarcelle de Grégory Marty, ce dernier n’avait aucune chance de ravir la présidence de la CC-ACVI à Yves Porteix. C’est l’évidence. Pourtant, à une exception près, celle de Christian Nifosi, l’inclassable et insaisissable maire de Villelongue-dels-Monts qui a terminé dernier de la classe (14e adjoint), Steve Fortel a affiché le plus mauvais score (et de très loin) du nombre de voix sur sa personne : 24 seulement. Une voix en-dessous de la Majorité qu’il n’aura donc pas atteinte, ce soir-là . A sa place, on en connait plus d’un(e) qui serait parti(e) en claquant la porte… à commencer par l’ancien maire d’Elne himself !
Bizarrement, de suite après lui, sur proposition de Grégory Marty, et devant pourtant tous les soutiens du nouveau président de la Com’Com, c’est la nouvelle maire socialiste de Banyuls-sur-Mer, Aurélie Maillols, qui décroche la 4e vice-présidence, sans dire mot. Elle qui, pourtant là -aussi, pendant la campagne, sur sa page FB, a fustigé le nouveau maire d’Elne en le ripolinant “d’extrême droite” à bout de mots et à l’excès, etc.-etc. Comment, dès lors, peut-elle accepter de figurer en haut de la gouvernance littéralement aux côtés de Steve Fortel ? La question mérite d’être posée. Et elle doit l’être. Duplicité ?
Parmi les autres anomalies ou plutôt les cocasseries de cette soirée du Vendredi Saint à la sauce argelésienne, on notera le podium de la gouvernance “squatté” par des… conseillers départementaux : Grégory Marty est conseiller départemental, son second, Bruno Galan**, maire de Palau-del-Vidre, est son suppléant à l’Assemblée départementale, sa troisième, Julie Sanz, maire d’Argelès-sur-Mer, est son binôme toujours au Conseil Départemental (CD)… Avouez que, là -aussi, cela pose question. N’y aurait-il pas là , n’y verrions-nous pas, non pas anguille sous roche (même si l’on est ici sur la côte rocheuse tendance vermeil), mais plutôt la patte d’une certaine Hermeline Malherbe, présidente socialiste du CD, ce qui expliquerait cela ; dont la présence si proche de la maire de Banyuls-sur-Mer ?…
Steve Fortel a décroché une vice-présidence dans une situation particulièrement inconfortable et cela n’a échappé à personne, ce soir-là . Il a même fait figure – aux yeux de certains – de “Chat Noir”. Le jeune maire d’Elne a tenu “néanmoins à saluer les positions responsables et les discours rassembleurs d’Yves Porteix et de Grégory Marty. Je souligne également l’attitude d’Antoine Parra, qui a su rappeler avec justesse les principes de respect démocratique ; je félicite Grégory Marty pour son élection à la présidence, ainsi que Bruno Galan, homme d’expérience, pour sa nomination en tant que premier vice-président, et Julie Sanz en tant que deuxième vice-présidente, qui saura Å“uvrer au rassemblement”.
Dans cette conclusion, il n’aura manqué qu’une Marseillaise pour être ému aux larmes … ou les Goigs dels Ous pour s’inscrire dans l’Histoire (et non pas les histoires).
L.M.
*Nicolas Garcia, ancien maire d’Elne
**En cas de démission de Grégory Marty de son siège de conseiller départemental des P-O, c’est Bruno Galan qui lui succèderait dans l’hémicycle du Conseil Départemental 66 et qui viendrait donc, dans les pas du maire de Port-Vendres, s’inscrire logiquement dans le soutien à la Majorité socialo-communiste d’Hermeline Malherbe. Capito ?

