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Au moins 45 morts, censure d’internet… Les mollahs durcissent la répression des manifestants en Iran
(Article de leJDD • Le Journal Du Dimanche)

 

Le JDD.- Quelque peu éclipsée par l’actualité outre-Atlantique, la contestation gronde toujours en Iran. Pour le douzième jour consécutif, des manifestations d’ampleur ont eu lieu à Téhéran et dans plusieurs grandes villes du pays sur fond de répression accrue et de coupure nationale d’internet. Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 45 manifestants, dont huit mineurs, ont été tués depuis le début du mouvement, déclenché fin décembre par la hausse du coût de la vie.

« La répression s’étend et devient chaque jour plus violente », a affirmé son directeur, Mahmood Amiry-Moghaddam, évoquant également « des centaines » de blessés et plus de 2 000 arrestations. La journée de mercredi a été la plus meurtrière, avec treize morts. Les autorités iraniennes reconnaissent de leur côté au moins vingt-et-un décès, parmi lesquels figurent des membres des forces de l’ordre, selon un décompte de l’AFP.

 

 

Au moins cinquante villes touchées

 

Signe de la nervosité du pouvoir, l’ONG Netblocks a signalé une coupure d’internet à l’échelle nationale. « Cet incident fait suite à une série de mesures de censure numérique de plus en plus strictes visant les manifestations à travers le pays », a-t-elle écrit sur X, dénonçant une entrave au droit de communiquer « à un moment critique ».

Des vidéos authentifiées par l’AFP montrent une foule dense dans une grande avenue de Téhéran, tandis que des rassemblements ont également été observés à Tabriz et Mashhad. Depuis le 28 décembre, des manifestations ont touché au moins cinquante villes dans vingt-cinq provinces.

 

 

Appels à la retenue, menaces américaines

 

Face à la montée des tensions, le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé jeudi à « la plus grande retenue ». « Tout comportement violent ou coercitif doit être évité », a-t-il déclaré, plaidant pour le « dialogue » et « l’écoute des revendications du peuple ».

Depuis Washington, Donald Trump a de nouveau menacé l’Iran si les autorités « commençaient à tuer » des manifestants. En Europe, l’Allemagne a dénoncé un « usage excessif de la force », tandis qu’Amnesty International accuse les forces de sécurité d’avoir « blessé et tué » des manifestants et des témoins. Ces mobilisations sont les plus importantes depuis celles de 2022, déclenchées par la mort de Mahsa Amini, arrêtée pour un voile jugé mal ajusté.

(Source : le JDD/Journal Du Dimanche)