Selon le site d’information Rue89, Jean Castex, maire UMP de Prades et conseiller régional, nouveau conseiller social de Nicolas Sarkozy à l’Elysée (il vient de succéder cette semaine à Raymond Soubie), « est en passe de régler un dossier épineux : le syndicat d’agents de la mairie qui le poursuivait pour entrave à l’exercice du droit syndical pourrait enfin obtenir le local qu’il réclame depuis deux ans. A condition de retirer sa plainte et de ne pas trop ébruiter l’affaire (…) ».
          Et le site de Rue89 de poursuivre : « Succéder au très influent Raymond Soubie à l’Elysée n’est pas facile, mais Jean Castex ne recueille que des compliments. Un « grand bosseur », selon Xavier Bertrand, dont il a dirigé le cabinet aux ministères de la Santé et du Travail. Quelqu’un de « très disponible » et « avec qui on peut discuter », selon des leaders de la CFDT et de FO ». Les syndicalistes des Pyrénées-Orientales ont visiblement une opinion différente… Ou plutôt, comme l’écrit encore Rue89 : « avaient ».
          Car depuis qu’il a été élu maire de Prades en 2008, Jean Castex est en conflit avevc la FAFPT (fédération autonome de la fonction publique territoriale), qui dénonce, toujours selon Rue89, « un refus obstiné de lui fournir un local syndical conforme à ses demandes. Comparée aux dossiers qui attendent Jean Castex à l’Elysée, l’affaire prête à sourire. Sauf qu’elle a valu au désormais conseiller social de l’Elysée d’être cité devant le tribunal correctionnel de Perpignan pour entrave à l’exercicre du droit syndical (…) ».
          En première instance, fin août 2010, Jean Castex est convoqué devant le tribunal. Le 17 septembre, le tribunal de Perpignan rend son jugement : il relaxe Jean Castex, mais sans se prononcer sur les faits. Dans ses conclusions, on peut lire : « Les faits dénoncés par les syndicats, à les supposer avérés, ne pouvaient recevoir aucune qualification pénale ».
          L’avocat de la FAFPT – Me Jean Codognès, ex-député socialiste,  conseiller municipal de la Ville de Perpignan, conseiller général du canton Perpignan I – s’est appuyé sur l’article L 2146-1 du code du travail, qui punit « le fait d’apporter une entrave à l’exercice du droit syndical (…) d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 3 750 euros ». De par ailleurs, comme l’a souligné l’avocat perpignanais lors de l’audience : « Une loi de 1984 oblige bien les collectivités locales employant plus de 50 agents – comme c’est le cas à la mairie de Prades – à fournir un local syndical (…) » ; mais elle ne prévoit aucune sanction.
          La FAFPT refuse de s’en tenir là. Elle a fait appel dans les dix jours. « Et s’il le faut, nous irons jusqu’en Cassation », a même confirmé à Rue89 le secrétaire départemental dudit syndicat, Bernard Martinez… lorsque le quotidien La Tribune avait révélé début novembre la future nomination de Jean Castex auprès du chef de l’Etat.
          – « Bizarre, bizarre, écrit encore la rédaction de Rue89, car maintenant que la nomination de Jean Castex est officielle, la FAFPT est beaucoup moins affirmative : Bernard Martinez ne souhaite plus s’exprimer sur l’affaire. Le représentant du syndicat à la mairie de Prades, Pascal Debreuve, non plus. Pourquoi ? Tout simplement parce que, selon des sources concordantes, Jean Castex aurait récemment fait une nouvelle proposition à la FAFPT, peu avant l’annonce de sa nomination à l’Elysée ; un super local, plus vaste et bien équipé, selon un connaisseur des lieux. En contrepartie, le syndicat serait prêt à retirer sa plainte, dispensant ainsi le nouveau conseiller social de l’Elysée d’une audience en appel (…).