Ce mercredi 21 juin, sur l’exploitation de Marjorie Banyuls, à Espira-de-l’Agly, les responsables départementaux des Jeunes Agriculteurs des Pyrénées-Orientales, avaient donné rendez-vous à la presse pour expliquer une nouvelle fois, la situation dramatique dans laquelle se trouve plongée l’économie majeure du département

 

Arnaud Gaillot, président national du syndicat, était présent à cette occasion, pour apporter son soutien et se dire proche de tous ces jeunes qui souffrent, qui voient leurs perspectives d’avenir s’éloigner un peu plus tous les jours malgré tous les projets prêts à démarrer. Il devait déclarer entr’autre chose : « N’oublions pas les drames humains que de telles situations peuvent engendrer ».

 

Très grosse inquiétude chez les agriculteurs

 

C’est ce qui ressort de cette matinée dans des vergers dévastés par la sècheresse. Nous avons envie de dire que la perte de tous ces arbres, est un cataclysme écologique. Ayant fait le tour de toutes les cultures, nous comprenons que la situation n’est pas meilleure pour ce qui concerne la vigne. En effet, d’après les dires de Pierre Hylari Président départemental du CDJA (jeunes agriculteurs) : « Des parcelles ont arrêté leur croissance et parfois, les raisins sont plus longs que les sarments ». C’est tout dire !

Et ce, alors que cette année est une année de fruits et quelle aurait pu atténuer toute la série de mauvaises récoltes précédentes. En-tout-cas, elle aurait pu apporter un peu de baume au cœur, à celles et ceux qui n’hésitent pas à se lever tôt le matin pour se coucher tard. Et cela, tous les jours de l’année qu’il fasse chaud, froid, qu’il pleuve ou qu’il vente. Et nous ne sommes pas encore au moment de la vendange. Qu’adviendra-t-il de cette dernière à la suite des mois de juillet et d’août ? Nul ne peut le dire aujourd’hui. Et des craintes s’expriment sur des parcelles de vigne qui risquent de ne pas être cueillies !

 

Des chiffres clairs, qui parlent

 

C’est Marjorie qui devait les donner. Nous en aurons retenu un seul. Pour amener un verger d’un hectare à la production, 35 000 euros sont indispensables. La seule évocation de ce chiffre, montre les difficultés financières pour boucler le budget. Les pertes de récoltes, l’incertitude du lendemain, viennent approfondir le marasme et parfois le découragement.
D’autant plus, que cela arrive dans une période ou le bio est en perte de vitesse en ce qui concerne la rentabilité chez les producteurs et pas tellement pour les négociants comme il devait être dit. Le marché tendu avec l’Espagne est un élément supplémentaire pour renforcer les craintes.

Si 16 000 camions traversant Perpignan ont été recensés ces derniers jours, par le collectif Alternativa, apportant une pollution néfaste pour l’air ambiant, ils amènent également les importations de produits agricoles qui eux, viennent polluer cette économie. Où sont les priorités, sommes nous tentés de dire ?

 

Le problème de l’eau

 

Bien évidemment, la situation de l’eau a été soulevée. Pour Pierre Hylari, « beaucoup d’arguments ont été avancés, mais rien n’arrive. Pourtant, des solutions devraient voir le jour et très vite, car sans eau, il n’y a pas d’agriculture. Certains se permettent d’en apporter une seule depuis les bureaux lambrissés, mais il faut savoir quelle sont nombreuses, multiples ».

Et d’énumérer toutes les possibilités, entr’autre celle des retenues collinaires. Comme devait le dire Pierre : « Le bon sens paysan, n’est pas un vain mot. Il faut écouter les paysans ».

Quant à Arnauld Gaillot, il devait insister sur la disparition des agriculteurs. Aujourd’hui, au nombre de 400 000 en France, ils ne seront plus que 200 000 dans dix ans. « C’est l’indépendance alimentaire du pays dont il est question et cela devient un enjeu de société. Des projets doivent naître, la recherche doit être aidée et la volonté politique doit s’exprimer pour mettre tout cela en œuvre ».

Bien d’autres sujets sont été évoqués, aussi nombreux que les craintes que cette nouvelle génération d’agriculteurs affronte avec un courage indomptable comme l’ont fait leurs ainés. Mais jusqu’à quand ?

 

Joseph Jourda