
Le cessez-le-feu signé en Algérie ne marque ni la fin des combats, ni la fin des atrocités. Pour nos compatriotes vivant dans ce qui était alors les trois départements d’Algérie, le calvaire commence
Le FLN renie ses engagements et les force à quitter ce qui était leur terre : « la valise ou le cercueil ».
Les « Pieds-Noirs » ne sont pas les seuls à subir ce reniement de la parole donnée par ceux qui gouverneront l’Algérie les décennies suivantes et qui la dominent encore. Pour les Harkis que j’ai l’honneur de représenter à la Commission Nationale Indépendante pour les Harkis, ce sont les portes de l’enfer qui s’ouvrent. Massacres, viols, tortures, lynchages : nos frères d’armes et leurs familles subissent les pires atrocités et eux aussi doivent partir vers une métropole qui les accueillent souvent dans des conditions indignes.
Je respecte tous les anciens combattants et toutes leurs associations qui font un travail de mémoire et de réparation extraordinaire. Mais, en conscience, je ne peux m’associer aux commémorations organisées par des fédérations en ce 19 mars.
Les plaies sont encore ouvertes et le FLN, toujours au pouvoir en Algérie, ne fait rien pour aider à les refermer : ni excuses, ni travail de mémoire mais bien au contraire des insultes et une haine viscérale entretenue envers la France et singulièrement envers les Harkis.
Commémorer signifie se rappeler ensemble. Nous en sommes malheureusement loin au vu de l’attitude scandaleuse du FLN depuis des décennies.
La date du 19 mars est loin de faire l’unanimité et je ne peux accepter en silence le reniement de notre histoire et des souffrances endurées par nos compatriotes qu’ils soient Pieds-Noirs ou Harkis.
Je formule le vœu qu’une date plus consensuelle soit propice à un apaisement des mémoires. Je n’en demeure pas moins reconnaissante à tous ceux qui ont combattu et qui se rassembleront demain : nous sommes tous Français, unis autour d’un seul et même drapeau.
Vive la France et l’ensemble de ses anciens combattants !
Pensée pour nos compatriotes Harkis et pour tous ceux qui, de l’autre côté de la Méditerranée, ont laissé une partie de leur âme.
Michèle Martinez
Députée (RN) de la IVe circonscription des Pyrénées-Orientales

