
Sous l’autorité de Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales, présent sur site, les services de l’État ont procédé ce vendredi 3 avril à la démolition d’office d’une installation de cabanisation, sur la commune de Thuir

Une opération crucialeÂ
Le terrain concerné se trouve dans le domaine de Montcalm, un des plus grands sites de cabanisation des Pyrénées-Orientales. Parmi les 550 dossiers actifs d’infractions pour des faits de cabanisation dans le département, le domaine de Montcalm à Thuir, dans les Aspres, se distingue tant par l’étendue du phénomène (jusqu’à 30 parcelles cabanisées) que par la gravité des faits (insalubrité, piratage d’électricité,
etc.).
Ce site fait l’objet de multiples procédures depuis dix ans. Depuis l’arrêt de la cour d’appel du 8 décembre 2023, 13 personnes condamnées ont démoli elles-mêmes leurs constructions illégales, sous la pression des contrôles effectués par les services de l’État.
Une installation restante a fait l’objet d’une exécution d’office le 3 avril 2026. En l’espèce, le propriétaire foncier et la locataire des lieux, condamnés solidairement, n’avaient pas exécuté la décision de justice.
Sur cette parcelle située à Thuir, ont été enlevées :
• des caravanes,
• une résidence mobile de loisir,
• une habitation en bois,
• ainsi qu’une construction en parpaings, qui avaient été installées sans permis de construire.
La lutte contre la cabanisation va se poursuivre avec détermination :
Face à la cabanisation, l’État mène depuis plusieurs années une action résolue, en lien étroit avec l’autorité judiciaire et les collectivités locales. Depuis 2018, vingt-sept opérations de démolition d’office ont été réalisées, chiffre le plus élevé de l’arc méditerranéen. Sur la période 2025-2026, 6 opérations ont déjà été conduites.
En parallèle, les procédures engagées produisent un effet dissuasif réel : 152 sites ont fait l’objet d’une remise en état volontaire depuis 2018. Sur la période 2025-2026, dix-huit sites ont été régularisés, dont 10 depuis le 1er septembre 2025. Trois autres sites sont actuellement en cours de remise en état. Ces chiffres montrent que la pression exercée par les contrôles des services de l’État, pousse les contrevenants à remettre eux-mêmes en état les sites cabanisés.
L’État poursuivra en 2026 les exécutions d’office à l’encontre des contrevenants qui ne respectent pas leurs obligations. Les interventions cibleront en priorité les secteurs les plus touchés.
Aucune installation illégale ne sera tolérée : l’action menée aujourd’hui au domaine de Montcalm tient lieu d’avertissement à l’attention des autres personnes condamnées et des nouveaux venus.
La lutte contre la cabanisation est inscrite systématiquement à l’ordre du jour des réunions bimensuelles entre le préfet des Pyrénées-Orientales et la direction de la DDTM, avec un tableau de suivi des procédures engagées.
Un cadre législatif en évolution
Le cadre juridique actuel, complexe, ne permet pas toujours une réponse suffisamment rapide face à la cabanisation. Une proposition de loi, portée notamment par les sénateurs des Pyrénées-Orientales, Lauriane Josende et Jean Sol, a ainsi été déposée et doit prochainement être débattue au Parlement. La préfecture des Pyrénées-Orientales a été étroitement associée à ces travaux, qui visent à renforcer l’efficacité des
outils à disposition de l’État.

Le préfet des P-O, Pierre Regnault de la Mothe, s’est rendu sur place pour assister aux démolitions illégales et insalubres.


