Le rire de Jean-Jacques Naudo et ses répliques ont fait le tour du monde sous le ciel du Roussillon, de Perpignan à Canet, en passant par Toulouges et Toulouse. Ses célèbres et explosives gingivites, sa gaieté, ses railleries caustiques avec toujours – c’était sa « Jack touch » -, une pointe de malice à la sauce catalane, avec tendresse et drôlerie, masquaient en réalité un réservoir de sagesse. Chez lui, les éclats de rire constituaient une sorte de thérapie

 

Tout son parcours de vie durant, Jean-Jacques Naudo aura été une succession de coups de tonnerre… Du rugby à la restauration, de l’entreprise familiale de viande lancée par son père Jean à ses turbulentes nuits magiques, de la Dream-Team-fric-frac à l’art et la manière de peindre – chez lui, pour lui, derrière les barreaux, le tableau était une merveille, une interrogation, une interprêtation -, de Saint-Maur (dans l’Indre) à la Rue de la Soif (à Canet-plage) : il a toujours été quelque part un artiste, un acteur, un comédien, jusqu’à l’infini, s’ajoutant à son professionalisme, respectant tous ceux qui croient qu’ils croient, des gens authentiques dont il avait le chic de s’entourer, le temps d’un interminable et irrévocable apéro, notamment… évidemment.

Sur certains côtés, sa vie pourrait se résumer à une partie de poker, car il l’a maintes et maintes fois jouée, certes en assurant les risques. Un jeu, depuis le XIII jusqu’au Fried Bar, en passant par l’emblématique et international Tio Pepe ! Pour le reste, pour tout le reste, il fait partie de ces gens, rares, fidèles, très fidèles en amitié, dont la vie ne peut se résumer à un simple pedigree. Parce qu’il aurait pu s’attabler avec Jean Cocteau, Jean Gabin, Julien Carette, Joséphine Baker, Raimu, La Goulue, Marie Laurencin… sous le regard de la Joconde ! Comme je vous le dis, comme je l’écris.

Le rideau de scène vient de tomber. Jack vient de s’éteindre à 67 ans, dans la nuit d’hier à aujourd’hui. Toutes celles et tous ceux qui l’ont aimé, connu, rencontré, « aqui » (et ailleurs) dans ce pays catalan dont il était si fier, dont il était la sève, ne l’oublieront jamais. Ils savent qu’il vient de se retirer pour aller méditer…

Salut l’artiste !

 

L.M.